« Habituellement, on ne voit plus de terre de chaque côté des rangs. Mais cette année, on en voit beaucoup. » – Yvon Cardinal, producteur du Centre-du-Québec Photo : Archives/TCN

« Habituellement, on ne voit plus de terre de chaque côté des rangs. Mais cette année, on en voit beaucoup. » – Yvon Cardinal, producteur du Centre-du-Québec Photo : Archives/TCN

Sécheresse : baisse de rendement anticipée dans les pommes de terre

Une baisse de rendement de 15 à 20 % pourrait être observée dans les champs de pommes de terre de la province si la météo « ne se replace pas d’ici les deux prochaines semaines », indique le président des Producteurs de pommes de terre du Québec, Francis Desrochers.

La dernière canicule a affecté la production et même si plusieurs irriguent leurs champs, « le mal est fait ».

Au Lac-Saint-Jean où se trouve actuellement M. Desrochers, certains plants n’ont presque pas levé. Cependant, selon l’agronome Antoine Bédard, pas de catastrophe annoncée à Péribonka, où la croissance des tubercules est simplement ralentie par la vague de chaleur.

« Habituellement, on ne voit plus de terre de chaque côté des rangs. Mais cette année, on en voit beaucoup », explique le producteur Yvon Cardinal, du Centre-du-Québec. C’est une manière pour les plants de se protéger de la chaleur, indique le producteur Mario Lavoie, qui observe le même phénomène chez lui dans Lanaudière.

Au Bas-Saint-Laurent, France Bourdages n’a pas eu besoin d’irriguer ses terres jusqu’à maintenant à Sainte-Flavie puisque la pluie arrive toujours au bon moment. Cependant, elle s’est entretenue avec un producteur établi à 30 minutes de chez elle, au Bic, et « c’est la sécheresse ». Cet agriculteur n’a pas rappelé La Terre.

S’il ne pleut pas suffisamment dans les prochaines semaines au Québec, « la grosseur [des tubercules] ne sera pas là », prévient Yvon Cardinal.

Le calibre est déjà plus petit que la normale pour les premières pommes de terre de la saison qui arrivent en épicerie cette semaine. Malgré les aléas de la météo, M. Desrochers n’anticipe pas de variation de prix cette année. « Il y en aura peut-être un peu moins dans les chaînes, mais le prix ne montera pas non plus parce qu’on connaît nos consommateurs », explique-t-il.

Sources à sec

La situation déjà précaire pourrait s’aggraver puisque les sources d’eau d’irrigation s’amenuisent. « Il y a des agriculteurs qui nous ont appelés pour nous aviser que [le niveau des étangs artificiels] était très bas, qu’ils sont presque à sec », dit Benoît Désilet, de l’Association des producteurs maraîchers du Québec. « Il n’y a plus d’eau dans les nappes », renchérit M. Desrochers, dont les terres sont situées dans Lanaudière. Une situation que le producteur connaît habituellement au mois d’août.

Certains commencent même à s’approvisionner à l’aide de citernes, selon M. Désilet. De plus, il explique que les agriculteurs ne sont pas équipés pour irriguer leurs champs sur une aussi longue période. « Quand ce sont tous les champs qui ont besoin d’eau, les systèmes d’irrigation travaillent quasiment 24 heures par jour, souligne M. Désilet. Les producteurs font des horaires de fou présentement pour les monter et les démonter. »