Louis Ménard, un petit producteur maraîcher, veut mettre en place une structure collective de mise en marché. Cela lui permettrait d’accroître les volumes commercialisés et ses superficies cultivées et de justifier ainsi l’achat d’équipement plus efficace qui améliorerait ses conditions de travail. Crédit photo : Gracieuseté de Louis Ménard

Louis Ménard, un petit producteur maraîcher, veut mettre en place une structure collective de mise en marché. Cela lui permettrait d’accroître les volumes commercialisés et ses superficies cultivées et de justifier ainsi l’achat d’équipement plus efficace qui améliorerait ses conditions de travail. Crédit photo : Gracieuseté de Louis Ménard

Quatre voies d’avenir pour les indépendants

Pour rester dynamique et perdurer, la ferme familiale indépendante doit évoluer. Voici quatre axes qui lui permettront de relever le défi.

1. Développer des filières fortes

En finançant davantage l’innovation et la promotion, le secteur des fraises et des framboises a amélioré son dynamisme et sa présence chez les détaillants. Les ventes de fraises sont ainsi passées de 50 à 70 M$ en quatre ans. La filière acéricole est également devenue une véritable locomotive lorsque les producteurs ont organisé leur mise en marché, créé leur réserve stratégique et investi pour promouvoir les propriétés supérieures de l’érable. La demande internationale et les prix payés aux acériculteurs ont augmenté, créant un effet d’entraînement sans précédent. Dans le grain, des acheteurs de soya et de blé destinés à la consommation humaine ont créé des filières solides. Ils font de l’accompagnement agronomique aux agriculteurs et sécurisent leur mise en marché. 

2. S’orienter vers le client

L’orientation client est gagnante, autant pour les entreprises qui vendent leurs produits individuellement que pour les groupes qui le font collectivement. « Avant, nous avions une approche uniquement syndicale : on négociait les prix avec les acheteurs et on se contentait de respecter les normes, résume simplement Christian Dubé, président des Producteurs de lait de chèvre du Québec (PLCQ). Nos volumes de production ont stagné pendant 10 ans, alors que les Ontariens triplaient les leurs. On a changé la situation en adoptant l’orientation client. » Ce secteur a été obligé d’agir pour éviter de perdre des contrats d’approvisionnement. Les PLCQ multiplient les rencontres individuelles avec les acheteurs pour connaître leurs besoins en termes de qualité, de volume et de régularité d’approvisionnement. Quant aux Producteurs de lait du Québec, ils resserrent les rangs avec leurs transformateurs afin de trouver des solutions communes. « On commence présentement ces rencontres et ça s’avère un tournant », révèle le président Bruno Letendre. 

3. Organiser la mise en marché

« Pour soutenir la croissance, il faut grossir la tarte », lance l’agroéconomiste Geoffroy Ménard, du Centre d’expertise et de transfert en agriculture biologique et de proximité (CETAB+). Au Centre-du-Québec, le maraîcher Louis Ménard travaille justement à démarrer une mise en marché collective pour accroître les ventes, notamment dans les épiceries. Ce sont des ventes « qu’on n’a pas individuellement en raison de volumes insuffisants, d’un manque de diversité de produits ou de temps », explique-t-il. La Coopérative La Mauve, de Saint-Vallier en Chaudière-Appalaches, écoule avec succès la production d’une quarantaine d’agriculteurs. Les producteurs de bois de plusieurs régions, en s’organisant collectivement, ont incité les usines à prendre leurs volumes de la forêt privée à un juste prix.

4. Améliorer les bâtiments et l’équipement

Investir dans de l’équipement et des bâtiments plus efficaces permet souvent d’améliorer le bilan financier d’une entreprise. En 2017, pas moins de 1 383 exploitations ont souscrit au Programme d’appui au développement des entreprises agricoles de La Financière agricole du Québec. Celui-ci offre une garantie de prêt accompagné d’une subvention atteignant jusqu’à
20 000 $ par entreprise. Le ministère de l’Agriculture du Québec offre le Plan de soutien aux investissements en agriculture doté d’une enveloppe budgétaire de 195 M$ sur six ans. Le ministère a reçu 4 400 demandes d’admission pour ce programme qui prendra fin en 2023. Plusieurs producteurs améliorent également leur compétitivité grâce aux agroéconomistes et aux agronomes des groupes de services-conseils, dont les frais sont en partie assumés par l’État.  

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