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En jaune, le tracé de la voie de contournement du centre-ville de Lac-Mégantic, présentée à la CPTAQ en novembre 2020. Photo : CPTAQ

En jaune, le tracé de la voie de contournement du centre-ville de Lac-Mégantic, présentée à la CPTAQ en novembre 2020. Photo : CPTAQ

Voie de contournement de Lac-Mégantic : pas de prolongation des négociations

Après avoir repoussé à trois reprises la date de fin des négociations, le gouvernement fédéral a informé les propriétaires des terres traversées par le tracé de la future voie de contournement du centre-ville de Lac-Mégantic, en Estrie, qu’il ne prolongera pas la période de négociation de gré à gré au-delà de l’échéance du 13 janvier.

« Nous sommes maintenant à un moment crucial puisque nous espérons débuter la construction le plus tôt possible, d’autant plus que ce sera le 10e anniversaire de la tragédie en juillet prochain », a déclaré le ministre des Transports, Omar Alghabra. « Une étape importante pour aller de l’avant est l’acquisition des terrains nécessaires à la voie de contournement. Même si nous avons signé des ententes avec plusieurs propriétaires touchés, dont la Ville de Lac-Mégantic, il reste encore des ententes qui n’ont pas été finalisées. » Selon le cabinet de la ministre des Services publics et de l’Approvisionnement, Helena Jaczek, dont le ministère s’occupera de gérer l’acquisition des terrains, la fin des négociations ne signifie pas que le processus d’expropriation est enclenché dans l’immédiat. Des détails suivront dans les prochaines semaines.

Alors que des études environnementales plus poussées sont exigées pour autoriser la construction de la voie de contournement du centre-ville de Lac-Mégantic, les propriétaires avaient fait parvenir une lettre au ministre Alghabra, le 10 janvier, réclamant un délai supplémentaire pour répondre aux offres d’acquisition de terrains.

Lors d’une consultation publique tenue à Lac-Mégantic, le 8 novembre dernier, Transports Canada a présenté les résultats d’une étude hydrologique résumant les effets potentiels du projet de 12,5 km sur l’eau souterraine, les puits privés et les milieux humides au sein des municipalités traversées par le tracé (Nantes, Lac-Mégantic et Frontenac). Le ministère a expliqué aux citoyens que la construction du projet pourrait avoir des effets à court et à long terme sur la nappe phréatique, dont le niveau d’abaissement d’eau pourrait atteindre entre 2 et 10 mètres par endroits. Les puits municipaux ne seraient pas affectés, mais certains puits privés de surface pourraient être asséchés et les puits privés profonds pourraient subir une diminution de volume et de qualité de l’eau.

Lors des audiences de la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ), en 2020, l’Union des producteurs agricoles (UPA) a représenté 33 producteurs agricoles et forestiers sur les 43 propriétaires dont les terres seront traversées par la voie de contournement. Le directeur du Syndicat des Producteurs forestiers du Sud du Québec, Martin Larrivée, qui collabore étroitement avec la Fédération de l’UPA de l’Estrie, suit de près l’évolution du dossier. Il affirme que pendant la consultation du 8 novembre, il y avait beaucoup d’incertitudes et de questions laissées sans réponse. « À Frontenac, il y aura des impacts sur 1,2 km tout autour de la voie, sur les puits, et 46 hectares de milieux humides qui [seront] détruits », dit-il.

Dans une décision rendue le 13 décembre, l’Office des transports du Canada mentionne que le ministère n’a pas évalué « toutes les répercussions possibles sur l’environnement et que les mesures d’atténuation de la ligne de chemin de fer proposée et/ou les engagements doivent être revus ». Elle demande à Transports Canada de déposer une nouvelle étude hydrologique qui traite « de manière adéquate » des effets négatifs de la ligne de chemin de fer sur l’environnement.

 « Il y a quand même des incertitudes passablement importantes pour qu’on prenne la peine, à tout le moins, de voir quels sont les résultats des études qui vont venir », indique M. Larrivée. « Le tracé passe dans une ferme bovine, donc si ces gens-là ne sont pas capables d’avoir de l’eau pour leurs animaux, il va y avoir des impacts financiers importants et il faut qu’ils le sachent. Ça peut avoir aussi un impact sur la valeur du terrain et sur la production sur ce territoire-là. L’assèchement des milieux humides peut avoir des effets sur la production forestière aussi ou quand on crée une barrière avec la voie, ça peut avoir des effets de blocage au niveau de l’eau. »