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Le budget du ministre des Finances Bill Morneau reste flou sur ses intentions à propos des compensations pour l’Accord Canada–États-Unis–Mexique. Crédit : Yvon Laprade

Le budget du ministre des Finances Bill Morneau reste flou sur ses intentions à propos des compensations pour l’Accord Canada–États-Unis–Mexique. Crédit : Yvon Laprade

Un « gros chèque », mais pas d’échéancier

OTTAWA — Le ministre des Finances, Bill Morneau, promet de signer « un gros chèque » de 2,15 G$ pour indemniser les producteurs laitiers, de la volaille et des œufs, frappés par les récents accords de libre-échange avec l’Europe et de la zone transpacifique.

Une autre somme, cette fois à hauteur de 1,5 G$, doit être versée aux producteurs « pour garantir la valeur des quotas », au moment de la vente de ces droits de production.

Ces montants s’ajoutent aux 250 M$ déjà consentis aux producteurs sous gestion de l’offre qui ont subi les contrecoups des accords commerciaux.

Modalités et échéanciers

À première vue, ces « annonces » contenues dans le budget du ministre Bill Morneau, déposé aujourd’hui à Ottawa, pourraient avoir de quoi réjouir le monde agricole. Or, dans un point de presse, le ministre est resté flou sur les modalités et les échéanciers pour le versement de ces montants compensatoires. « Nous allons continuer nos discussions avec les producteurs », a-t-il simplement commenté.

Cela porte à croire, selon des sources bien au fait du dossier, que le gouvernement Trudeau pourrait profiter de la prochaine campagne électorale de l’automne prochain pour faire ses « annonces » sur le terrain, dans les régions agricoles concernées par ces ententes.

Odeurs d’élection

Un budget préélectoral, le budget du ministre Morneau? Le principal intéressé s’en est défendu en présence des journalistes qui lui ont posé la question. Chose certaine, sur l’enjeu agricole, bien des questions restent pour l’instant sans réponse, en particulier sur les répercussions commerciales touchant l’Accord Canada–États-Unis–Mexique, qui a fait l’objet d’une entente, mais qui n’a pas encore été ratifié.

Pour comprendre où campe le Canada dans ce dossier, il faut se référer à un tout petit paragraphe, dans le volumineux document budgétaire 2019, où le ministre explique que « le gouvernement continuera de travailler en partenariat avec les intervenants de la gestion de l’offre » sur cet enjeu commercial. Rien de plus.

Mentionnons que le budget des dépenses de l’Agriculture, prévues pour l’exercice 2019-2020, restera sensiblement le même que l’an dernier pour se situer à 2,5 G$.

Yvon Laprade, collaboration spéciale.