Maxime Bernier Crédit photo : maximebernier.com

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Sirop d’érable : Bernier accuse, puis tempère

Maxime Bernier est revenu sur ses propos le 21 février après avoir reçu une mise en demeure de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec (FPAQ) lui demandant de se rétracter, lui qui avait qualifié l’organisation de « hors-la-loi ».

Rappelons que Bernier, par le biais de sa page Facebook et de son site Web, dénonçait « les agissements du cartel du sirop d’érable » et expliquait « comment cette organisation persécute des producteurs honnêtes et courageux comme Angèle Grenier ».

Le député de Beauce s’est « excusé » à la Fédération, mais sans se rétracter pour autant. « Je m’excuse donc à la Fédération d’avoir laissé entendre que ses agissements sont hors-la-loi, ce qui est inexact », peut-on lire sur la page Facebook du député.

Or, il revient à la charge en jetant le blâme sur les législations canadiennes, « qui autorisent ce type de cartel ». « Le pouvoir exercé par la Fédération est tout à fait légal et soutenu par les décisions judiciaires rendues au Canada. C’est justement ça, le problème, soulève Maxime Bernier. Alors que les cartels sont normalement interdits dans la presque totalité des secteurs de l’économie, nos gouvernements ont donné le pouvoir à celui-ci et à certains autres de contrôler la production et de persécuter les producteurs qui refusent de se conformer à ses diktats. »

Il conclut en disant que, selon lui, « la loi devrait être modifiée de façon à ce que ce soit la Fédération, et non des gens comme Angèle Grenier, qui soit considérée comme hors-la-loi. Dans une société libre, en effet, de telles organisations contrôlantes et autoritaires ne devraient pas exister ».

Selon Me Louis Coallier, avocat de la FPAQ, la Fédération a jugé la réponse de M. Bernier « adéquate en fonction de la mise en demeure qu’il a reçue » et va donc « en rester là ». Me Coallier précise que M. Bernier « a le droit de ne pas être d’accord et de critiquer, mais avait franchi une ligne en qualifiant la fédération de hors-la-loi ».

Angèle Grenier, une productrice de sirop d’érable en Beauce, a été condamnée à payer 300 000 $ d’amende parce qu’elle avait vendu son sirop directement à un acheteur du Nouveau-Brunswick sans passer par l’office de mise en marché de la Fédération. Elle est d’ailleurs en vedette dans un épisode de la série documentaire Argent sale, diffusée par Netflix.