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Macky Tall, président et chef de la direction de CDPQ Infra, Marcel Groleau, président général de l’UPA, et Doreen Assaad, mairesse de Brossard. Crédit photo : Josianne Desjardins/TCN

Macky Tall, président et chef de la direction de CDPQ Infra, Marcel Groleau, président général de l’UPA, et Doreen Assaad, mairesse de Brossard. Crédit photo : Josianne Desjardins/TCN

Près de 3 M$ pour protéger les terres autour du REM

MONTRÉAL — Une fiducie sociale nouvellement créée permettra de maintenir et de stimuler les activités agricoles autour de la future gare terminale du Réseau électrique métropolitain (REM), à Brossard. L’investissement de départ de 2,9 M$ est injecté par CDPQ Infra, une filiale de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ).

Barrière à l’étalement

La somme à investir permettra à la fiducie d’acheter de 30 à 40 hectares de terres situées au pourtour de la station afin d’en faire la location et de stimuler la mise en œuvre de nouveaux projets agricoles. La superficie potentielle s’élève à 190 hectares dont environ le tiers est exploité par des producteurs. Une grande partie de la balance n’est pas cultivée et appartient à Hydro-Québec. D’autres investisseurs pourraient également contribuer à la fiducie pour qu’elle puisse étendre ses activités.

L’objectif premier de ce modèle est de « créer une barrière efficace contre l’étalement urbain » et de protéger « un patrimoine à perpétuité », a soutenu Marcel Groleau, président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), lors d’une conférence de presse à Montréal, le 3 avril. Il a souligné le contexte particulier dans lequel ce projet a été lancé, considérant que le REM répond à des besoins importants en matière de transport collectif dans la région métropolitaine. Les installations et le stationnement devraient empiéter sur une trentaine d’hectares de terres.

L’enveloppe pourra aussi aider au démarrage de nouvelles exploitations, notamment pour la relève « dans un secteur où les terres sont devenues inabordables », a poursuivi M. Groleau. La présidente de la Fédération de la relève agricole du Québec, Julie Bissonnette, voit la fiducie comme un véritable levier financier pour les jeunes, surtout les petits producteurs maraîchers, étant donné « qu’ils ont de la difficulté à s’établir », a mentionné celle qui siégera au conseil d’administration (CA) de la fiducie. Un premier appel de projets sera lancé dès l’été 2019.

La Ville de Brossard siégera aussi au nouveau CA. La mairesse Doreen Assaad compte consulter sa population afin de profiter de cette agriculture de proximité périurbaine. Elle espère d’ailleurs développer un projet de marché agroalimentaire dès l’ouverture du terminus, prévue en 2021.

Prolongement éventuel

Actuellement, on ignore si le REM se rendra jusqu’à Chambly. Des études seront réalisées au cours des 18 prochains mois pour se pencher sur la question, a indiqué le président et chef de la direction de CDPQ Infra, Macky Tall. Il a avancé du même souffle son souci de protéger l’environnement et d’éviter l’étalement urbain.

Dans l’éventualité où le tracé se prolongerait, les terres se trouvant au pourtour de la gare maintiendront leur vocation. « Si ça empiète sur les terres agricoles, […] on va s’opposer au projet, c’est sûr », a affirmé M. Groleau avec conviction.

La fiducie d’utilité sociale agricole, dont l’entente avait été annoncée en 2017, sera administrée par un conseil formé de représentants de l’UPA, du REM, de la Communauté métropolitaine de Montréal et de la Ville de Brossard.