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Les délégués du Centre-du-Québec ont rejeté à l’unanimité le plan de financement de l’Union des producteurs agricoles. Ils demandent à l’organisation d’augmenter avant tout les contributions de ses membres plutôt que la hauteur de leur cotisation annuelle. Photos : Martin Primeau/TCN

Les délégués du Centre-du-Québec ont rejeté à l’unanimité le plan de financement de l’Union des producteurs agricoles. Ils demandent à l’organisation d’augmenter avant tout les contributions de ses membres plutôt que la hauteur de leur cotisation annuelle. Photos : Martin Primeau/TCN

Plus d’équité réclamée pour les petits producteurs

VICTORIAVILLE — Les délégués du Centre-du-Québec ont rejeté en bloc le plan de financement de l’Union des producteurs agricoles (UPA) à l’occasion de l’assemblée générale annuelle de leur fédération régionale du 23 octobre.

Au moment de donner leur aval à la résolution portant sur le plan, aucun d’entre eux n’a osé lever la main, laissant plutôt place à un long silence. Des délégués ont par la suite confié à La Terre avoir convenu de leur position avant le vote afin de lancer un message clair à l’Union. « Voter contre [le plan], c’est notre façon de lancer le message que ça suffit, a mentionné la productrice laitière Sabrina Caron. Le mode de financement de l’organisation est désuet et ne convient plus aux producteurs. »

Sabrina Caron

Sabrina Caron

Le Plan de financement 2020-2024 que l’Union prévoit soumettre à ses délégués au Congrès de l’UPA en décembre propose d’augmenter d’environ 0,8 % les contributions sur les volumes produits en plus de majorer les cotisations des membres de 2,66 % en moyenne par année. « On nous propose un plan qui nous amène à environ 38 % [provenant de la contribution] et 62 % [issu de la cotisation], a soutenu le producteur acéricole Maurice Vigneault, précisant que le ratio actuel se situe présentement autour de 40 %-60 %. On ne remet pas en cause l’augmentation, a-t-il ajouté. C’est pas mal d’argent, mais les services qu’on nous livre, on les veut tous. »

« Ça fait plusieurs années qu’on demande à l’UPA de s’approcher [d’un plan de financement] 50 %-50 % », a insisté Sabrina Caron, qui juge que l’orientation prise par l’UPA pèsera lourd sur le bilan financier des petites entreprises agricoles.

En point de presse, le président de la Fédération de l’UPA du Centre-du-Québec, Daniel Habel, a abondé dans le même sens, ajoutant que le mode de financement actuel de l’Union n’était pas vraiment adéquat pour les propriétaires de petites entreprises, surtout ceux qui forment à la fois un couple et qui sont copropriétaires d’une entreprise agricole. « Payer deux fois 386 $ pour une entreprise qui fait de 5 000 à 8 000 $ de revenus, ça n’a pas le même impact sur la poche de fesse que pour l’entreprise qui fait des millions », a-t-il dit.

Intervention gouvernementale

Selon Paul Doyon, 2e vice-président de l’UPA, l’Union est bien au fait de la situation et travaille pour qu’elle soit corrigée avec le gouvernement en place. « On a tenté dans les dernières années de changer la façon de faire, mais ça prend une intervention du gouvernement pour modifier l’article 31 de la Loi sur le financement agricole », a-t-il indiqué en point de presse. On n’a pas réussi avec le dernier gouvernement [à apporter ce changement]. »

Autres résolutions en bref

Les producteurs du Centre-du-Québec demandent au ministère québécois de l’Agriculture et à celui de ­l’Environnement de mettre en œuvre le Plan vert agricole de l’UPA afin de réduire l’empreinte environnementale des fermes du Québec, moyennant un financement annuel de 100 M$ au cours des 10 prochaines années;

Ils exigent aussi que l’Union entreprenne des démarches auprès de La Financière agricole du Québec afin ­d’obtenir une modification aux programmes d’assurance récolte pour que les dommages causés par la faune soient ­indemnisés à 100 % du rendement probable sur une superficie endommagée;

Les producteurs demandent également à l’UPA de faire pression auprès du ministère des Forêts pour assouplir les règles de chasse aux dindons sauvages, et autoriser, par exemple, l’augmentation du nombre de permis ainsi que la chasse des femelles;

Ils demandent à leur organisation de s’assurer que les agronomes et que le ministère de l’Environnement consignent les dérogations d’épandage après le 1er octobre afin d’éviter des interceptions inutiles.