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Partenaires agricoles se tient loin de la… politique

Les craintes entourant la financiarisation des terres agricoles sont un faux débat, soutient Clément Gagnon, président fondateur de Partenaires agricoles, société en commandite qui lève des capitaux pour acheter des terres.

« Je lis ça dans les médias, mais c’est faux. Voyons donc! » martèle-t-il, en entrevue à la Terre.

Il ajoute : « Les investisseurs institutionnels et les gestionnaires de caisses de retraite ne tentent pas de s’approprier les terres agricoles. »

Que pense-t-il des prises de position des chefs politiques sur le phénomène de la financiarisation et de l’accaparement des terres?

« Je ne veux pas m’en mêler », répond-il prudemment. Il précise aussitôt : « Ma seule bible, c’est la pérennité des terres agricoles. »

De passage à l’Union des producteurs agricoles (UPA), la semaine dernière, la chef péquiste Pauline Marois a dit envisager la possibilité de plafonner les volumes d’hectares qui seraient possédés par des fonds qui n’appartiennent pas à des producteurs.

Le chef de la Coalition Avenir Québec (CAQ), François Legault, a pour sa part déclaré qu’à ses yeux, la présence de financiers sur les terres est une tendance « inévitable ». Il a dit s’attendre à ce que l’on assiste, au Québec, à l’émergence de copies conformes de la firme Pangea, de son ami Charles Sirois.

Cela pourrait-il constituer une menace pour l’avenir de l’agriculture? Clément Gagnon rétorque qu’il y aura bientôt 115 000 hectares qui seront disponibles pour un rachat, à partir des statistiques du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ).

Selon lui, les acheteurs ne se bousculent pas au portillon. Ce qui ouvre la porte aux financiers qui ont les moyens de leurs ambitions.

Encore là, il s’efforce de remettre les choses en perspective.

Il tente une théorie mathématique : « Même si Pangea achetait 20 000 hectares; même si Agriterra achetait 20 000 hectares; même si Partenaires agricoles en achetait 20 000 autres, ça ferait combien, 60 000 hectares? Il y a, actuellement, 115 000 hectares de disponibles. C’est ça, la réalité. »

L’entreprise qu’il dirige a elle-même acheté 3 500 hectares de terres, auprès de producteurs de trois régions, dans Lévis-Beauce, la Mauricie et le Témiscamingue, avec des fonds privés.

Partenaires agricoles vient d’ailleurs de compléter un premier financement de 12 M$. Les investisseurs doivent miser un minimum de 1 M$ pour adhérer au « club privé ».

Une deuxième étape de financement, qui vient d’être lancée, devrait permettre d’amasser 50 M$, prévoit Clément Gagnon.

« Les investisseurs répondent bien », avance le président de la société en commandite.

Et quel est l’impact de ces investissements sur la valeur marchande des terres acquises?

Clément Gagnon se défend bien de faire de la spéculation foncière en mettant la main sur des terres, dans les grandes cultures. « On ne fait ni monter ni baisser les prix, insiste-t-il. Si on nous demande 1 M$ et que la terre est évaluée à 600 000 $, on négocie. »

En 2013, selon les derniers bilans, le prix des terres agricoles a augmenté de 19 % au Québec. En Ontario, la progression s’est élevée à 29 %.