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Paradis reporte la création d’une SADAQ aux calendes grecques

L’heure est loin d’être venue de créer un organisme d’État, comme une société d’aménagement et de développement agricole du Québec (SADAQ), afin d’encadrer la location et l’acquisition de terres agricoles au Québec, même si leur prix ne cesse d’augmenter.

C’est du moins l’opinion exprimée à la Terre par le ministre québécois de l’Agriculture, Pierre Paradis, lors d’une entrevue de près d’une heure, hier.

« On pourrait envisager une telle intervention de l’État s’il existait un phénomène de marché qui aboutit à déposséder les agriculteurs au profit de spéculateurs, a déclaré le ministre Paradis. Mais les faits ne pointent pas dans cette direction. On ne m’a pas démontré qu’il y avait un vrai problème qui appelle une vraie solution. Cela dit, il faut demeurer très attentif, car les fonds d’investissement sont en dormance et n’ont pas abandonné la partie. »

M. Paradis a réitéré que ce qui s’est passé au Saguenay–Lac-Saint-Jean, soit l’acquisition de 11 000 acres de terres par le fonds PANGEA, qui « ne correspond pas au modèle d’agriculture que nous voulons ».

M. Paradis a ajouté « qu’une intervention de l’État serait justifiée en cas de situation catastrophique ou extraordinaire comme l’effondrement du prix des terres agricoles, afin d’en maintenir la valeur. Le ministre de l’Agriculture détient déjà les pouvoirs législatifs lui permettant d’intervenir, des pouvoirs qui vont jusqu’à l’acquisition de terres », a-t-il fait valoir.

Autrement, M. Paradis ne voit pas la pertinence « d’ajouter un acheteur de plus sur le marché foncier agricole afin d’acquérir des terres de gré à gré. L’État, qui pour certains a les poches très profondes, devrait se mesurer avec d’autres acheteurs même si son intention n’est pas de faire grimper le prix. » De plus, le ministère devrait ensuite administrer ces terres (location ou vente), aller en appel d’offres, etc., a-t-il indiqué.

Avant de créer un tel organisme, M. Paradis veut voir les effets des amendements apportés à la Loi sur l’acquisition des terres agricoles par des non-résidents, qui sera en vigueur prochainement ainsi que les retombées de l’engagement fiscal pris lors de la récente campagne électorale par les libéraux. « Nous avons promis d’instituer une exemption de gain en capital de 1 M$ pour le vendeur et de permettre aux acheteurs apparentés de verser 15 000 $ par an dans une forme de CELI [compte d’épargne libre d’impôt]. Je continue mon lobbying pour que ces promesses se traduisent dans un futur budget. »

Le ministre a aussi souligné qu’il faut faire preuve de prudence dans ce dossier qui affecte la relève agricole.