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« Olymel a le droit de cesser l’abattage à son usine de Princeville afin de réorganiser ses opérations dans un contexte de rareté de la main-d’œuvre. Cependant, cette décision a des conséquences importantes pour les producteurs », indique la Régie dans sa décision. Photo : Archives/TCN

« Olymel a le droit de cesser l’abattage à son usine de Princeville afin de réorganiser ses opérations dans un contexte de rareté de la main-d’œuvre. Cependant, cette décision a des conséquences importantes pour les producteurs », indique la Régie dans sa décision. Photo : Archives/TCN

Olymel devra prioriser les porcs québécois, tranche la Régie

Plusieurs producteurs de porcs ont certainement poussé un soupir de soulagement le 23 décembre, jour où la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec a rendu une décision favorable à la priorisation des porcs québécois face à ceux de l’Ontario dans les abattoirs d’Olymel.

Rappelons que les Éleveurs de porcs du Québec ont déposé en novembre un grief en ce sens, après qu’Olymel ait annoncé la fermeture de son usine de Princeville et la réduction de ses achats de porcs de 15 000 têtes par semaine au Québec et de 10 000 têtes par semaine en Ontario. Cette stratégie devait être mise en branle en mars 2022 pour faire face à des enjeux de main-d’œuvre et de marché. Les Éleveurs de porcs, qui reconnaissaient les défis liés à ces enjeux, considéraient toutefois que les achats de porcs dans les élevages du Québec devaient se faire de manière prioritaire pour éviter de déstabiliser la production et de mettre en péril des entreprises. Ce à quoi Olymel s’opposait pour conserver de bons liens d’affaires avec ses partenaires ontariens, plaidait le transformateur lors de l’audience de la Régie, car selon lui, l’approvisionnement dans la province voisine a joué un rôle important à partir de 2010, alors que la production québécoise ne suffisait pas à la demande du marché.

La Régie a toutefois jugé que le contexte était tout autre aujourd’hui et que les producteurs québécois étaient en mesure de répondre à une part plus importante des besoins d’Olymel.  « Par conséquent, si Olymel maintient sa décision de réduire son approvisionnement annuel de 1 250 000 porcs à compter du 28 février 2022, elle ne peut y affecter qu’un maximum de 530 000 porcs en provenance du Québec [plutôt que les 750 000 qui étaient d’abord prévus] », lit-on dans la décision.

Contacté par La Terre, Olymel n’a pas souhaité commenter cette décision pour l’instant. Les Éleveurs de porcs ont de leur côté dit l’accueillir d’un bon œil, mais souhaitent pouvoir discuter le plus rapidement possible avec Olymel « afin d’évaluer et de s’entendre quant à la suite des choses », a indiqué David Duval, président des Éleveurs de porcs du Québec, dans un message destiné à l’ensemble des éleveurs, le 3 janvier.

Rappel à l’ordre pour les Éleveurs

La Régie a par ailleurs reproché aux Éleveurs de porcs du Québec de ne pas avoir suivi le mécanisme prévu à la Convention de mise en marché du porc avant de déposer leur grief. Ceux-ci auraient dû, plutôt que de s’en remettre immédiatement à la Régie, tenter de trouver un terrain d’entente dans un processus de médiation, souligne-t-elle en invitant les deux partis à mieux collaborer dans l’avenir.