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L’UPA veut un ministre senior à l’Agriculture

Au lendemain de la victoire écrasante des libéraux, le président l’UPA, Marcel Groleau, invite le futur premier ministre Philippe Couillard à nommer un ministre senior à l’Agriculture, compte tenu de l’importance économique du secteur agroalimentaire.

« Je souhaite que le futur ministre de l’Agriculture possède les mêmes qualités que François Gendron », a-t-il signalé à la Terre, de Québec où il participe au Dialogue sur l’agriculture familiale en Amérique du Nord. « J’ai beaucoup apprécié travailler avec M. Gendron; un ministre proche de sa clientèle, franc, capable de saisir les enjeux de tous les maillons de l’agroalimentaire et de trouver des solutions avec les gens du milieu. »

M. Groleau n’a manifesté aucune crainte quant à l’avenir de sujets majeurs comme la souveraineté alimentaire et l’accaparement des terres agricoles vu le changement de garde à Québec. « Nous nous attendons à ce que les libéraux s’inscrivent dans la continuité au sujet de la Politique de souveraineté alimentaire même si le mot souveraineté les agace », a-t-il noté. M. Couillard a d’ailleurs reconnu que cette politique est « valable » devant le conseil général en campagne électorale, a-t-il indiqué. Le président de l’UPA a dit apprécier l’engagement de M. Couillard de laisser le comité sur la sécurité du revenu exécuter ses travaux.

Autre dossier épineux : l’accaparement et la financiarisation des terres agricoles. Le retour au pouvoir des libéraux, après 18 mois de purgatoire, ne semble pas inquiéter M. Groleau à ce chapitre. « M. Couillard a signalé que les fonds d’investissement pouvaient constituer une bonne chose s’ils contribuent à développer le secteur, pas à spéculer », a indiqué le producteur laitier de Thetford Mines. À ses yeux, le député de Roberval partage le point de vue de l’UPA voulant que les agriculteurs demeurent des entrepreneurs au lieu de devenir des ouvriers agricoles. « Les 30 000 entreprises agricoles du Québec s’inscrivent résolument dans la perspective de favoriser la croissance économique du Québec », a-t-il fait valoir.

Questionné sur l’entente de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne, M. Groleau a relevé que tous les partis politiques se sont prononcés pour sa ratification en campagne électorale. « Nous allons nous assurer que les libéraux comprennent bien que cette ratification ne doit prendre place que si les compensations réclamées par les producteurs de lait et par les fromagers sont satisfaisantes, a-t-il fait savoir. Le secteur laitier ne doit pas être le seul à faire les frais de cette entente. »

M. Groleau s’attend à ce que les libéraux donnent suite rapidement à certaines « urgences », à savoir des ententes conclues avant le déclenchement des élections qui n’ont pu franchir toutes les étapes législatives. Il a mentionné les modifications au Programme de crédits de taxes aux agriculteurs et le renouvellement pour deux ans de l’entente sur les casinos.