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Chaque chef de parti a été questionné par des agriculteurs, comme Marcel Papin, président de la Fédération de l’UPA de Lanaudière. Ce dernier a tenté sans succès de faire promettre au premier ministre François Legault de ne plus recourir à des décrets pour dézoner les terres agricoles. Photo : Martin Ménard/TCN

Chaque chef de parti a été questionné par des agriculteurs, comme Marcel Papin, président de la Fédération de l’UPA de Lanaudière. Ce dernier a tenté sans succès de faire promettre au premier ministre François Legault de ne plus recourir à des décrets pour dézoner les terres agricoles. Photo : Martin Ménard/TCN

Les autobus de campagne défilent à l’UPA

LONGUEUIL – Signe que le milieu agricole et agroalimentaire représente un électorat convoité dans cette campagne électorale provinciale, les chefs des différents partis sont venus présenter leurs engagements en matière d’agriculture, les 7 et 8 septembre, au siège social de l’Union des producteurs agricoles (UPA).

Comme les autres chefs de parti, le premier ministre François Legault s’est lui-même déplacé, le 7 septembre, pour courtiser le vote des agriculteurs. « Je ne voudrais plus, dans ma vie, avoir ce stress-là, de se dire : « Est-ce qu’on va avoir de la nourriture pour tout le monde? »  […] On a besoin de vous autres », a lancé le chef caquiste aux producteurs réunis dans les locaux de l’UPA, à Longueuil.

Conscient des demandes financières de l’organisation syndicale, les chefs ne sont pas arrivés les mains vides. M. Legault a promis des dizaines de millions de dollars supplémentaires, notamment pour favoriser l’adoption de mesures environnementales à la ferme. Celui qui a cependant offert la plus grosse cagnotte d’argent frais est le solidaire Gabriel Nadeau-Dubois, qui promet 200 M$ par année pour créer ce qu’il appelle une politique agricole du 21e siècle.

Les déplacements sont très stratégiques en campagne électorale.  Après son passage à Longueuil, l’autobus de Dominique Anglade a fait un arrêt dans une ferme pour souligner les engagements agricoles de sa formation libérale. Photo : Pascal Ratthé/Parti libéral du Québec

Les déplacements sont très stratégiques en campagne électorale. Après son passage à Longueuil, l’autobus de Dominique Anglade a fait un arrêt dans une ferme pour souligner les engagements agricoles de sa formation libérale. Photo : Pascal Ratthé/Parti libéral du Québec

L’environnement en priorité

Tous les chefs ont consacré une part de leur discours à l’environnement et à la lutte contre les changements climatiques. Le Parti québécois (PQ) veut que l’utilisation des pesticides diminue de 50 % d’ici huit ans et compte accompagner les producteurs pour y arriver. Québec solidaire pousse le concept environnemental jusqu’à prioriser la production végétale à l’élevage, ce qui n’a pas plu à plusieurs producteurs, dont Jean-Thomas Maltais, président des Producteurs de bovins du Québec. Ce dernier a d’ailleurs fait part de ses doléances à Gabriel Nadeau-Dubois.

Accent sur la relève

La protection du territoire agricole a été un élément qui est revenu souvent dans la bouche des chefs. La libérale Dominique Anglade a promis qu’elle mettrait fin aux décrets permettant de dézoner « à la pièce » les terres agricoles. Dans la même veine, Gabriel Nadeau-Dubois a lancé une promesse ferme. « Un gouvernement solidaire va déposer dès la première année une loi anti-spéculation pour interdire l’achat de terre agricole par des fonds privés, par des institutions financières ou par des sociétés immobilières », a-t-il promis. La Terre a demandé à François Legault s’il entendait lui aussi interdire l’achat de terre par les fonds, ce à quoi il n’a pas répondu.

L’aide à la relève s’est également imposée comme une priorité des formations politiques. Le Parti libéral a presque inclus intégralement les demandes de la Fédération de la relève agricole du Québec dans sa plateforme électorale. Dans la même veine, le chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon, a précisé l’importance de travailler sur le problème de la détresse psychologique pour créer un environnement sain et attrayant pour la relève. Québec Solidaire a aussi vivement soutenu la relève, mais une agricultrice a informé Gabriel Nadeau-Dubois que son projet d’implanter une taxe de succession sur les actifs de plus de 1 M$ allait nuire davantage à la relève. Le politicien a précisé que cette taxe excluait la valeur des terres agricoles. D’autres intervenants, dont des journalistes, lui ont fait remarquer que la valeur des quotas, des bâtiments et de la machinerie représente d’énormes montants qui seraient alors taxés. 

Enfin, la diminution de la paperasse s’est mérité un mot de la part de la majorité des candidats. François Legault veut faire aboutir une promesse qu’il avait faite en ce sens lors du mandat précédent. Le conservateur Éric Duhaime a affirmé que les entreprises québécoises « croulent sous la paperasse ». Si son parti est porté au pouvoir, il mettra en place un vaste chantier sur la simplification réglementaire afin de corriger le problème.


Un dossier complet sur la campagne électorale et les enjeux agricoles sera publié dans La Terre de chez nous du 14 septembre 2022.