fbpx
Plusieurs regroupement et organisations, dont UPA, demandaient que des maladies comme le Parkinson soient reconnues comme des maladies professionnelles. Photo : Archives / TCN

Plusieurs regroupement et organisations, dont UPA, demandaient que des maladies comme le Parkinson soient reconnues comme des maladies professionnelles. Photo : Archives / TCN

Le Parkinson en voie d’être reconnu comme maladie professionnelle

Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, a proposé ce matin en commission parlementaire l’ajout de la maladie de Parkinson à la liste des maladies professionnelles. L’annonce a été faite dans le cadre des discussions sur le projet de loi 59, visant la modernisation du régime de santé et de sécurité au travail.

Serge Giard

Serge Giard

Les agriculteurs, agronomes ou travailleurs agricoles qui ont été exposés aux pesticides pendant plus de dix ans et qui ont développé des symptômes de la maladie pourront ainsi être admissibles à une indemnisation de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité au travail (CNESST) après l’adoption de la loi.

Interrogé à ce sujet en conférence de presse, le ministre a mentionné que l’objectif est « d’appuyer les agriculteurs qui ont été en exposition de manière importante aux pesticides pour qu’ils aient une présomption favorable afin d’obtenir du soutien de l’État ».

Le Québec suit ainsi les pas de la France qui reconnaît ce lien depuis 2012. Les critères d’exposition proposés dans l’amendement sont d’ailleurs les mêmes que ceux utilisés en France.

« Je me réjouis au nom des victimes, réagit Romain Rigal, directeur des programmes chez Parkinson Québec. Cet ajout permet de retirer le fardeau de la preuve pour des personnes qui n’ont pas nécessairement l’énergie pour prouver le lien entre leur maladie et l’usage de pesticides », ajoute-t-il.

Serge Giard, agriculteur de Saint-Hyacinthe qui est atteint de la maladie de Parkinson depuis 2014 et qui a fondé, l’année dernière, le groupe Victimes de Pesticides du Québec (VPQ), est tout aussi heureux de cette première victoire après une longue mobilisation pour faire reconnaître la maladie. « Nous espérons que cette reconnaissance enverra un signal fort pour toutes celles et tous ceux qui doutent encore des risques des pesticides sur la santé, comme la science indépendante le confirme chaque jour davantage », mentionne-t-il en entrevue avec La Terre.

Il souligne toutefois que près de 70 % des agriculteurs n’ont jamais cotisé à la CNESST. « Il faut trouver un moyen de les inclure afin qu’ils puissent obtenir de l’aide. Il faut aussi trouver un moyen que cette aide soit rétroactive », croit-il.

L’Union des producteurs agricoles du Québec avait d’ailleurs soulevé ce problème dans un mémoire déposé dans le cadre des auditions de la commission parlementaire sur le projet de la loi 59, en janvier. En plus de réclamer l’ajout des maladies liées à l’usage des pesticides à la liste des maladies professionnelles reconnues, l’organisation syndicale suggérait la création d’un Fonds spécial pour indemniser les agriculteurs qui ne cotisent pas à la CNESST.