fbpx

Le courant passe entre le ministre Gendron et les producteurs de lait du Québec

Les producteurs laitiers du Québec ont réservé un accueil chaleureux au ministre de l’Agriculture, François Gendron, à sa première visite dans le cadre de leurs assises annuelles, aujourd’hui, à l’Hôtel Concorde à Québec.

QUÉBEC — Le ministre était bien au fait des grands dossiers et défis que doivent relever les producteurs de lait du Québec, qu’il s’agisse du bien-être animal ou de salubrité des aliments, « des préoccupations de plus en plus grandes des citoyens du Québec », ou de l’approvisionnement des usines de transformation afin de soutenir les marchés laitiers en développement au Québec et au Canada. Fin pédagogue, il n’a pas manqué de féliciter les producteurs de lait pour leurs succès et leur capacité d’adaptation aux marchés, évoquant la notoriété des fromages fins du Québec ici et à l’échelle internationale.

« Notre gouvernement est déterminé à maintenir la gestion de l’offre, c’est un modèle que je ne veux pas remettre en question et qui sera clairement inscrit dans la politique de souveraineté alimentaire », a réitéré M. Gendron, récoltant les applaudissements des délégués. Le ministre promet toujours cette politique « avant la fin de mai ».

Cette politique va notamment aborder la question de l’accaparement et de la spéculation sur les terres agricoles, a-t-il ajouté. Mais c’est dans le plan d’action qui va suivre que les mesures concrètes vont être définies. On sait déjà que la Société d’aménagement et de développement agricole du Québec (SADAQ) pourrait constituer l’un de ces moyens. Le ministre Gendron n’a pas voulu s’engager à accorder à des agriculteurs le pouvoir exécutif réclamé par un délégué dans la gestion de cet organisme. « Je vais aller aussi loin que me le permettent la Charte des droits et les contraintes du commerce extérieur », a-t-il dit, sans être en mesure de préciser, pour l’instant, si cette SADAQ sera d’envergure nationale ou non.

Chose certaine, la politique ne réglera pas les problèmes causés aux agriculteurs par un mode inadéquat d’évaluation municipale des terres agricoles, ni le peu de recours à la tarification plutôt qu’à la richesse foncière pour financer les services, ni le peu d’empressement du monde municipal à utiliser un taux de taxation distinct afin de contrer le déplacement du fardeau fiscal vers les agriculteurs. « C’est à l’automne que nous allons analyser cette question », a-t-il dit.

Un producteur lui a reproché de garder en place l’accréditation syndicale unique en agriculture, allant même jusqu’à affirmer que l’Union des producteurs agricoles recourait à l’intimidation pour maintenir son pouvoir. Des propos qui ont suscité des réactions de dépit immédiates des délégués. « Je suis conscient que des gens pensent que le monopole syndical en agriculture fait problème. Je suis conscient qu’il n’y a rien de parfait en ce monde. Mais je trouve plus important de mettre du temps afin de donner du souffle au développement agroalimentaire.

Je ne mettrai pas de temps à court terme sur le dossier du monopole syndical. Il faut par contre, si c’est le cas, corriger les comportements basés sur l’intimidation, si c’est le cas », a noté le député d’Abitibi-Ouest, en place depuis 1976. Le ministre Gendron doit annoncer demain, en Abitibi-Témiscamingue, une aide pouvant atteindre 3 M$ consacrée au drainage des terres agricoles dans cette région.