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La pénurie de travailleurs saisonniers va s’aggraver

La pénurie de travailleurs saisonniers dans le secteur agricole risque de s’«accentuer».

Et si cela se produit, ce sera en raison principalement de la réforme de l’assurance-emploi « qui ne tient pas compte du travail saisonnier », déplore le président de l’Union des producteurs agricoles, Marcel Groleau.

C’est le message qu’il a livré, jeudi soir, lors du grand rassemblement contre la réforme de l’assurance-emploi qui a réuni plus de 700 personnes du monde culturel, social et politique, à la salle La Tulipe, à Montréal.

L’événement était organisé par la Coalition québécoise contre la réforme de l’assurance-emploi et visait à dénoncer « le saccage de l’assurance-emploi » par le gouvernement conservateur.

« Ces travailleurs occasionnels sont essentiels au bon fonctionnement de l’agriculture », a martelé Marcel Groleau.

Selon lui, le Québec n’est pas la seule province canadienne à monter au créneau pour forcer le premier ministre Stephen Harper à retrouver la raison. « Ce n’est pas seulement un problème pour le Québec, a-t-il insisté. Cette réforme est également décriée partout au Canada. J’ai été à même de le constater lors d’une séance du conseil d’administration à Ottawa (jeudi matin) à la Fédération canadienne de l’agriculture ».

Le président de l’UPA, qui emploie lui-même deux employés saisonniers sur sa ferme laitière de Thetford Mines, a l’impression qu’Ottawa ne saisit pas la portée de cette réforme.

Avec cynisme, il a rapporté les propos d’une commissaire fédérale qui a suggéré aux employeurs agricoles d « allonger la saison » et de « différer les heures » pour garder à leur emploi les travailleurs saisonniers. « Pourtant, on sait tous que c’est illégal de différer les heures », a-t-il rappelé.

Rappelons qu’avec les nouvelles mesures, en vigueur depuis le début de 2013, les travailleurs sont tenus de se trouver un emploi jusqu’à une heure de route de leur domicile. Ceux qui ne respectent pas le nouveau « code de conduite » se voient retirer leurs prestations de chômage.

Or, la pression sur le gouvernement Harper s’accentue. La Coalition annonce la tenue d’un grand rallye se tiendra dans les rues de Montréal, le 27 avril. Les grandes centrales syndicales promettent de mobiliser leurs membres à travers le Québec pour montrer le sérieux de leurs actions communes face à Ottawa.

C’est l’écrivain Yves Beauchemin qui a résumé la pensée des chômeurs et employeurs aux prises avec cette réforme. En faisant allusion aux députés conservateurs qui devront faire face à l’électorat lors des prochaines élections, il a eu cette réflexion : « Eux aussi détiennent des emplois temporaires et saisonniers! »