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Fromages européens : un impact pleinement reconnu

« C’est clair que l’impact de l’entrée de 17 700 tonnes additionnelles de fromages européens au Canada est pleinement reconnu », a déclaré Frédéric Seppey, négociateur canadien en chef pour l’Agriculture, le 17 avril dernier, sans toutefois avancer de chiffres.

Ce dernier répondait au délégué Gabriel Belzile du Bas-Saint-Laurent, qui l’interrogeait, lors de l’assemblée générale annuelle de la Fédération des producteurs de lait du Québec (appelée maintenant Les Producteurs de lait du Québec), sur les compensations promises par le fédéral à la suite de la concession de celui-ci dans le cadre de l’accord de principe de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne.

Cette affirmation tranche avec le discours politique officiel qui a tendance à minimiser l’impact de l’arrivée de ces volumes additionnels de fromages européens, alléguant que la croissance du marché des fromages fins au Canada va suffire à les absorber. Le discours officiel veut aussi que les producteurs de lait et les fromagers fassent la preuve de l’impact réel de ces importations s’ils veulent être compensés.

« Nous allons travailler avant la mise en œuvre pour voir les mesures qui peuvent être prises, a ajouté le négociateur, et nous allons ensuite vous accompagner après son entrée en vigueur. Les consultations se poursuivent afin de faciliter la transition. »

Rien n’est réglé

« Rien n’est réglé dans le dossier des compensations aux producteurs laitiers et fromagers canadiens », a rappelé le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Marcel Groleau, dans un communiqué émis le 12 mai dernier. Après avoir réclamé une période d’étalement la plus longue possible pour les fromages européens additionnels, M. Groleau a précisé que « les compensations devront être à la hauteur des pertes ». Les pertes escomptées, pour les producteurs laitiers et fromagers canadiens, se chiffreraient à environ 450 M$ par année. Le président Groleau a aussi déploré que les producteurs soient tenus « dans l’ignorance complète quant à ces compensations ». Le producteur de lait de Thetford Mines en a profité pour préciser que « l’UPA et les producteurs laitiers ne sont pas partie prenante des négociations avec l’Europe en vue d’un accord final. L’information qui circule dans le milieu voulant que ces négociations trouvent bientôt leur aboutissement n’est donc qu’une rumeur ».

Rappelons que rien n’était prévu à ce sujet dans le dernier budget présenté par les conservateurs et que le gouvernement du Québec s’est engagé à ratifier l’accord final seulement si les compensations versées se trouvent à la hauteur des attentes des secteurs laitier et fromager. Le ministre québécois de l’Agriculture, Pierre Paradis, devait discuter du dossier des fromages avec son homologue canadien, Gerry Ritz, aujourd’hui.