fbpx

Fromages européens : Québec ratifiera l’entente

Le gouvernement du Québec ratifiera l’entente de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne, même si les producteurs laitiers et fromagers n’ont toujours pas obtenu de compensations.

C’est ce qu’a affirmé le premier ministre Philippe Couillard en entrevue téléphonique avec la Terre. « On ne mettra pas l’accord en danger pour ça », a-t-il mentionné en ajoutant que cette entente était bénéfique pour le Québec.

Selon lui, le défi des producteurs laitiers et fromagers est devenu un enjeu interne au Canada. M. Couillard croit que les producteurs n’ont que des alliés à Ottawa. « Il y aura des compensations, a-t-il déclaré. Une motion en ce sens a d’ailleurs été votée à l’unanimité à la Chambre des communes cette semaine. » Le premier ministre a répété que son gouvernement continuerait de représenter fermement les producteurs auprès d’Ottawa.

Le président des Producteurs de lait du Québec (PLQ), Bruno Letendre, s’inquiète « d’apprendre que le chef du gouvernement de la plus importante province laitière au Canada (…) laisse entendre qu’il serait prêt à ratifier l’accord sans s’assurer que son secteur laitier et fromager soit adéquatement compensé ».

Les PLQ estiment que l’entrée prochaine au pays de 17 700 tonnes supplémentaires de fromages européens va se traduire par des pertes de 450 M$ pour l’industrie laitière canadienne.

Les libéraux de Philippe Couillard ont d’ailleurs refusé leur consentement, le 12 juin dernier, à une motion touchant l’importation des 17 700 tonnes additionnelles de fromages européens au Canada. Cette motion visait « à garantir une pleine compensation aux producteurs laitiers et fromagers » pénalisés par la concession du fédéral faite dans le cadre de l’accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne. La requête a été soumise à l’Assemblée nationale conjointement par le Parti québécois (André Villeneuve), la Coalition Avenir Québec (Sylvie D’Amours) et Québec solidaire (Amir Khadir).

« Il ne s’agit absolument pas d’un recul de la part du gouvernement du Québec, qui continue à rechercher une compensation adéquate des producteurs laitiers et fromagers ainsi qu’une période de transition la plus longue possible pour l’entrée des fromages européens », avait pourtant déclaré à la Terre Valérie Roy, directrice de cabinet du ministre québécois de l’Agriculture, Pierre Paradis, le 18 juin. Selon Mme Roy, le refus de consentement à cette motion sans préavis s’explique par des délais insuffisants pour en arriver à une entente entre tous les partis.

On se souviendra que le gouvernement dirigé par Pauline Marois s’est engagé à ne ratifier un accord final entre le Canada et l’Europe qu’à la condition que les producteurs laitiers et fromagers obtiennent une compensation adéquate du fédéral pour les impacts négatifs causés par cette entente.