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Enjeux «argentins» au congrès de l’OMA

Producteurs surtaxés, économie vacillante : l’Argentine agricole, grande productrice de soya et très grande exportatrice, vit des jours sombres.

Cette préoccupation est ressortie clairement, aujourd’hui, lors d’un entretien entre le président général de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Marcel Groleau, et le président de la Société rurale d’Argentine, Luis Miguel Etchevehere. L’économiste en chef de l’Union, Charles-Félix Ross, était également présent.

« Le système économique argentin est très mal en point, constate M. Groleau, et pour tenter de se renflouer, le gouvernement taxe les producteurs sur les exportations à des taux affolants. Pour le soya, ça peut atteindre 35 %! »

Il a tenu ces propos, en entrevue téléphonique avec la Terre, alors qu’il participait au 4e Congrès de l’Organisation mondiale des agriculteurs (OMA). Cet événement se tient cette semaine à Buenos Aires, en Argentine, et réunit des agriculteurs et des dirigeants agricoles de plus de 40 pays et de 60 organisations.

C’est d’ailleurs à l’invitation de la Société rurale, une organisation de 5 000 producteurs, que la délégation québécoise s’est rendue à Buenos Aires, l’une des 16 villes les plus peuplées au monde, avec 16 millions d’habitants. On dénombre 300 000 producteurs en Argentine.

« Le Canada est l’un des pays qui ont contribué à la fondation de l’OMA, explique Marcel Groleau, également 2e vice-président de la Fédération canadienne de l’agriculture (FCA). Nous sommes très impliqués. »

Or, le portrait d’ensemble est loin d’être reluisant pour les producteurs de ce pays d’Amérique du Sud, observe Charles-Félix Ross.

« On nous rapporte que le gouvernement, ici, refuse de faire preuve d’ouverture pour permettre aux producteurs de toucher des revenus équitables », résume l’économiste en chef de l’Union.

Il ajoute : « Cela crée de la grogne chez les producteurs. Mais le gouvernement fait la sourde oreille. Ça fait cinq ans que les producteurs tentent, en vain, d’obtenir une rencontre avec le ministère de l’Agriculture. »

La réalité économique argentine demeure complexe, convient pour sa part M. Groleau. « Pourtant, dit-il, il s’agit d’un pays qui comporte beaucoup de potentiel, du point de vue agricole. Les technologies sont en avance, le climat est favorable et les connaissances sont diversifiées. Mais on taxe les producteurs et ça nuit grandement à leur productivité. »

Il faut préciser que les produits agricoles constituent les principaux pourvoyeurs de devises, dans ce pays, et représentent 55 % des exportations totales de marchandises. Ces mêmes produits contribuent aux recettes fiscales de l’État à hauteur de 30 %. Les revenus de taxation liés aux exportations agricoles permettent au gouvernement d’empocher 11 G$ annuellement.