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Thibault Renouf, entrepreneur activiste, Diana Bronson, du Réseau pour une alimentation durable, Fernande Ouellet, productrice d’oies et de canards, Marcel Groleau, de l’UPA, et Dominic Lamontagne, auteur de La ferme impossible. Crédit photo : Thierry Larivière/TCN

Thibault Renouf, entrepreneur activiste, Diana Bronson, du Réseau pour une alimentation durable, Fernande Ouellet, productrice d’oies et de canards, Marcel Groleau, de l’UPA, et Dominic Lamontagne, auteur de La ferme impossible. Crédit photo : Thierry Larivière/TCN

Deux modèles de ferme se confrontent

MONTRÉAL — Un débat organisé autour de la projection du film La ferme et son État réalisé par Marc Séguin a opposé Marcel Groleau, président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), et deux des protagonistes de cette production cinématographique, qui ont de nouveau plaidé pour une plus grande place des petites fermes.

Laura Howard, cofondatrice de Récolte, souhaite établir des ponts pour faciliter le financement de la relève. Crédit photo : Thierry Larivière/TCN

Laura Howard, cofondatrice de Récolte, souhaite établir des ponts pour faciliter le financement de la relève. Crédit photo : Thierry Larivière/TCN

« Je propose une législation pour que les agriculteurs redeviennent entrepreneurs », a lancé Dominic Lamontagne le 31 janvier, en parlant des producteurs qui « voient les choses autrement » que ceux qui exercent une mise en marché collective. Ce dernier estime toutefois que ce serait un « miracle » que le gouvernement aille dans ce sens, d’autant que le travail du ministre Laurent Lessard est jugé « assez ordinaire merci ». La hausse de la production de lait, de poulet et d’œufs hors quotas est l’un de ses chevaux de bataille.

« Je trouve la période actuelle spécialement excitante. On voit les mains qui se lèvent quand on demande aux gens : “Qui veut fonder une ferme?” », a soutenu Fernande Ouellet, propriétaire de Rusé comme un canard, de Granby, en Montérégie. La productrice pense que le changement peut venir de la base et que des initiatives locales avec les municipalités, les écoles et les caisses populaires peuvent faire avancer la cause de la relève non apparentée. À preuve, elle cite en exemple le nouveau Fonds de microcrédit agricole de La Haute-Yamaska doté d’un budget de 103 000 $.

Marcel Groleau a salué l’objectif de la future politique du gouvernement provincial d’ajouter 10 G$ de contenu québécois dans les produits alimentaires achetés ici. « Le problème, c’est toujours d’ajuster l’offre à la demande », a mentionné le président de l’UPA. Ce dernier a par ailleurs cité une série d’initiatives pour venir en aide à la relève comme les terres de la nouvelle fiducie foncière du Réseau électrique métropolitain où la Coopérative pour l’agriculture de proximité écologique proposera des projets, une prochaine fiducie d’achat de terres avec Fondaction pour faciliter le démarrage de jeunes, ou la banque de terres Arterre, qui cherche à mailler la relève et les producteurs qui veulent vendre leur ferme. « On demande à La Financière agricole du Québec de jouer son rôle et de prendre des risques en agriculture », a ajouté Marcel Groleau, en faisant référence à des prêts à très long terme et à taux bas. « Le côté financier ne me touche absolument pas », a réagi avec exaspération Dominic Lamontagne, qui affirme aussi avoir un « côté libertarien ».

La projection du film La ferme et son État près de la Petite-Italie à Montréal devant plusieurs dizaines de citoyens engagés.  Crédit photo : Rachel Cheng

La projection du film La ferme et son État près de la Petite-Italie à Montréal devant plusieurs dizaines de citoyens engagés. Crédit photo : Rachel Cheng

Récolte veut aider les producteurs

Le débat du 31 janvier était orchestré par le groupe Récolte, une organisation sans but lucratif fondée en mai 2017. « Notre objectif, c’est de donner toute sa place à l’entrepreneuriat social pour favoriser les systèmes alimentaires locaux », a expliqué Marina Jolly, cofondatrice. Récolte veut notamment créer des liens entre des producteurs et des citoyens prêts à investir du capital patient dans les fermes ou d’autres entreprises alimentaires.