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Aux yeux de certains producteurs, Louis Robert (à gauche sur la photo) est un vulgarisateur qui leur permet de comprendre le comportement des plantes et de l’azote dans le sol. Photo : Martin Ménard/Archives TCN

Aux yeux de certains producteurs, Louis Robert (à gauche sur la photo) est un vulgarisateur qui leur permet de comprendre le comportement des plantes et de l’azote dans le sol. Photo : Martin Ménard/Archives TCN

Des producteurs heureux de retrouver Louis Robert au champ

L’agronome Louis Robert, congédié en janvier pour avoir dénoncé un manquement déontologique dans la recherche sur les pesticides, réintégrera ses fonctions au ministère de l’Agriculture le 5 août prochain, au grand bonheur de producteurs qu’il côtoie dans les champs de la Montérégie.

« Je suis content. Dans le milieu, on avait eu vent que cette décision-là s’en venait et ça a été confirmé », s’est exclamé Éric Lapierre, producteur de grandes cultures de Saint-Nazaire-d’Acton et président du Club action semis direct. Louis Robert lui a permis de diminuer de 40 % ses taux de fertilisation dans ses champs de maïs. « Du côté agricole, à mon humble avis, Louis Robert est une des meilleures personnes par rapport à la recherche sur le comportement de l’azote dans le sol; certainement un des meilleurs dans la province », a-t-il ajouté.

Comme ce dernier, le producteur de Saint-Césaire et président du Club action Billon, Jean-François Ridel, assure « avoir coupé une portion substantielle » des doses d’engrais azotés en post-levée dans ses champs de maïs grâce à Louis Robert.

Son organisme enverra une lettre au ministre de l’Agriculture, André Lamontagne, la semaine prochaine pour le remercier d’avoir réembauché l’agronome. « C’est quelqu’un qui est intéressant, qui amène des débats, qui force à réfléchir », dit M. Ridel.

La lettre abordera également la question de la liberté d’expression des agronomes employés par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ). « La liberté d’expression chez les scientifiques devrait être un cheval de bataille, et dans la lettre, une des choses que l’on demande au gouvernement, c’est un peu plus de liberté pour les agronomes du MAPAQ afin qu’ils puissent continuer […] de forcer les débats. Surtout avec les changements climatiques qui risquent de s’en venir, il va falloir qu’on soit un peu plus intelligents », indique M. Ridel.

Bien que souriant au téléphone, Louis Robert n’a pas pu commenter sa réembauche. De son côté, le ministère de l’Agriculture a indiqué à La Terre que « les modalités entourant son retour sont confidentielles ». Cependant, Radio-Canada a appris que l’agronome recevra le versement des six mois de salaire perdus lors de son congédiement, ainsi qu’un dédommagement pour le stress occasionné.

Si l’Ordre des agronomes souhaite un bon retour au travail à M. Robert, le président des Producteurs de grains du Québec, Christian Overbeek, n’a pas voulu commenter.

Notons que durant son congé forcé de huit mois, Louis Robert a continué de s’impliquer dans des activités liées à l’agronomie et à offrir bénévolement ses services à des producteurs.