Cafouillage informatique de 4,7 M$ au MAPAQ

Un certain cafouillage en gestion informatique pourrait se traduire en une perte sèche de 4,7 M$ au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), révélait récemment Le Journal de Montréal.

Le ministère a en effet suspendu depuis plusieurs mois le projet informatique visant à simplifier l’administration du Programme de crédit de taxes foncières agricoles, après y avoir investi cette somme. « Le projet est en pause, le temps que le ministère revoie sa stratégie, note Lucie Laliberté, coordonnatrice à la Direction des communications du MAPAQ, rejointe par la Terre. Les bases du projet pourraient être revues selon les orientations qui seront retenues. » Ce projet disposait d’un budget de 10 M$.

Diverses causes ont été avancées au fil du temps pour expliquer la suspension du projet, allant de la mauvaise définition des besoins aux compressions budgétaires pour atteindre le déficit zéro. Mme Laliberté confirme que « c’est le MAPAQ qui avait défini les paramètres du projet ». Le cafouillage informatique ne relève donc pas des entreprises chargées de le concrétiser, dont la firme CGI. Mme Laliberté atteste aussi que des ressources internes ont consacré plus de 2 800 heures dans cette affaire. La porte-parole n’a pu confirmer à la Terre que la définition inadéquate des besoins résultait d’un manque d’expertise découlant d’une possible saignée des professionnels en informatique à ce ministère.

Par ailleurs, il est pour le moins surprenant que le MAPAQ ait attendu en 2011, soit six ans après l’entente modifiant ce programme, pour en simplifier l’administration, si le projet valait que l’on y consacre 10 M$. Cette entente a en effet été conclue entre l’Union des producteurs agricoles (UPA), les unions municipales et Québec, le 21 décembre 2005, et est entrée en vigueur en 2007. Selon Le Journal de Montréal, la firme CGI a signé son contrat en octobre 2011, après appel d’offres, et le Conseil du trésor a débloqué de l’argent en décembre 2012.

Le ministre québécois de l’Agriculture, Pierre Paradis, n’avait pas de temps disponible à son agenda pour répondre aux questions de la Terre à ce sujet. J.-C.G.