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Budget de Québec : quel sort réservé à l’agriculture?

Le premier budget « de transition » qui sera déposé demain à Québec par le gouvernement Couillard épargnera-t-il l’agriculture?

« Nous éprouvons, comme tout le monde, des inquiétudes et des appréhensions, mais on verra bien », souligne Charles-Félix Ross, économiste en chef à l’Union des producteurs agricoles (UPA).

Il est clair, cependant, que le ministre des Finances, Carlos Leitao, souhaite « redresser les finances publiques et relancer l’économie », comme il l’a exprimé, la semaine dernière, en annonçant le dépôt de ses prévisions budgétaires.

Il faudra voir, également, ce que contiendra le budget des dépenses qui sera déposé, le même jour, par le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux.

On sait déjà que le gouvernement est aux prises avec une impasse budgétaire de 3,7 G$. Des ministères vont écoper et devront comprimer leurs dépenses.
20 M$

Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), qui dispose d’un budget d’un peu plus de 1 G$, passera-t-il dans la moulinette?

Des informations « confidentielles », qui ont filtré tout récemment, laissent croire que le budget sera amputé d’un peu moins de 2 %, soit environ 20 M$.

La moitié de ces réductions seraient réalisées au sein des effectifs du MAPAQ. Une centaine de fonctionnaires doivent prendre leur retraite au cours de la prochaine année, et leur poste ne sera pas pourvu.

« Il nous faut agir avec rigueur et responsabilité dans la gestion de nos finances publiques; c’est ce à quoi s’attendent les Québécois », a déclaré le ministre des Finances pour préparer le terrain en vue des coupes à venir.

Un fait demeure : l’UPA, qui a rencontré le ministre Leitao dans le cadre des consultations prébudgétaires, entend continuer de cogner sur le même clou – celui de la force économique de l’agriculture – pour favoriser le maintien des budgets dédiés à ce secteur d’activités.

« L’agriculture et la transformation alimentaire constituent des secteurs clés de notre économie, fait valoir l’Union. Le choix du gouvernement d’y investir à travers les programmes et de soutenir ces domaines est judicieux. »

L’UPA mentionne toutefois que l’on observe des « signes d’essoufflement dans le secteur agricole, en évoquant, chiffres à l’appui, « une tendance à la baisse du nombre d’emplois en agriculture au Québec ».

« Le secteur agricole québécois a perdu bon an mal an plusieurs milliers d’emplois au cours des 10 dernières années », peut-on lire dans une analyse de la situation.

Il faut rappeler, par ailleurs, qu’en avril 2015, les surplus d’opérations cumulés de La Financière agricole du Québec, depuis 2010, atteindront plus de 400 M$.

Les demandes de l’UPA

  • Bonification des programmes de sécurité du revenu;
  • Renouvellement pour une période de cinq ans du Programme d’appui financier aux regroupements et aux associations de producteurs désignés;
  • Levée du moratoire sur l’accroissement des terres en culture;
  • Soutien à la transformation alimentaire.