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Le soya IP doit répondre à plusieurs critères pour satisfaire aux marchés. Photo : Ordre des agronomes du Québec

Le soya IP doit répondre à plusieurs critères pour satisfaire aux marchés. Photo : Ordre des agronomes du Québec

Un revenu supplémentaire grâce au soya IP

La production de soya à identité préservée (IP) permet de tirer un revenu supplémentaire de la culture du soya. Pour bénéficier de la plus-value, des précautions doivent être prises afin d’assurer la qualité du grain livré à l’acheteur.

Pour le producteur qui se lance dans la production de soya IP, la clé du succès réside dans le suivi rigoureux qu’il fera de sa production. Une première réflexion doit être faite au moment du choix des semences pour s’assurer de positionner une variété qui est bien adaptée à la parcelle de terrain à semer. L’analyse des caractéristiques agronomiques des variétés offertes permettra de cibler celle qui sera la mieux adaptée et ainsi de maximiser le potentiel de la culture.

Mauvaises herbes

Le désherbage est un point critique de la production de soya IP, notamment en raison de la sélectivité des herbicides utilisés, de la compétitivité moyenne de la culture face aux mauvaises herbes et des problèmes que celles-ci peuvent causer lors de la récolte.

Il est important de faire l’inventaire des mauvaises herbes susceptibles de se retrouver dans le champ et de bien planifier la stratégie pour les contrôler. Certaines d’entre elles peuvent être plus nuisibles et rendre l’atteinte des standards de qualité à la récolte plus difficile. Une attention particulière doit être portée aux vivaces, à la morelle noire de l’est, au maïs spontané et aux populations de mauvaises herbes résistantes à certains groupes d’herbicides.

La récolte

La récolte est aussi un point sensible : les grains doivent être récoltés sans que leur intégrité et leur qualité soient altérées. L’apparence visuelle du lot sera évaluée au moment de la livraison et un classement sera fait selon les critères du Guide officiel du classement des grains, de la Commission canadienne des grains. L’ajustement de la batteuse doit être fait rigoureusement pour éviter les dommages mécaniques aux grains, et les conditions au moment du battage doivent être optimales pour ne pas les tacher. L’humidité contenue dans les tiges de mauvaises herbes ou de soya encore vertes peut contribuer à tacher les fèves. Attendre que la culture soit à pleine maturité avec des tiges sèches et que les conditions climatiques soient propices aidera grandement à récolter un soya qui répond aux exigences de l’exportation.

Du semis jusqu’à la livraison au centre de grains, un soin particulier doit être apporté pour éviter toute contamination avec d’autres grains afin de maintenir la pureté et l’intégrité du lot. Cela implique une vérification et un nettoyage de tout l’équipement de semis, de récolte, de manutention et d’entreposage. N’hésitez pas à aller chercher du soutien auprès de conseillers d’expérience en production végétale.

Malgré les défis de production du soya IP, l’expérience des dernières années démontre que la vaste majorité des producteurs qui en ont produit ont très bien réussi et ont pu profiter de la plus-value associée. 

Options de marchés

Le soya québécois plaît aux transformateurs asiatiques et européens, qui n’hésitent pas à s’approvisionner ici pour combler leurs besoins. Ces options de marchés fort intéressantes s’accompagnent cependant d’exigences élevées des acheteurs, tant en ce qui a trait aux valeurs alimentaires des variétés choisies qu’en ce qui concerne la qualité et  l’apparence des grains achetés.

Miguel Provost, agr., conseiller et actionnaire, Agrocentre St-Hyacinthe