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L’amaranthe tuberculée est facile à apercevoir dans la culture du soya étant donné la hauteur de ses plants, qui dépassent largement ceux du soya. Photo : Gracieuseté du MAPAQ

L’amaranthe tuberculée est facile à apercevoir dans la culture du soya étant donné la hauteur de ses plants, qui dépassent largement ceux du soya. Photo : Gracieuseté du MAPAQ

Un plan pour lutter contre l’amarante tuberculée

L’amarante tuberculée (AT) est une mauvaise herbe qui a été introduite au Québec et identifiée sur le territoire pour la première fois en 2017. Jusqu’à maintenant, 29 populations ont été découvertes dans huit MRC. Cette mauvaise herbe surprenante a la capacité d’acquérir rapidement des gènes de résistance aux herbicides : la plupart des populations sont résistantes aux herbicides du groupe 2 et au glyphosate (voir l’encadré). En raison de sa production importante de graines, de sa rapidité de croissance et de sa germination en continu (de mai à octobre), l’AT est une menace réelle pour les cultures.

Afin d’assurer des actions rapides et efficaces pour son contrôle, le MAPAQ, en collaboration avec la Coordination services-conseils, a mis sur pied le Plan d’intervention phytosanitaire pour lutter contre l’amarante tuberculée. Cette initiative d’envergure provinciale offre un appui financier aux entreprises agricoles qui sont aux prises avec l’AT. L’aide financière peut couvrir 90 % de certains frais, tels que les honoraires des conseillers pour élaborer une stratégie de lutte, le dépistage, l’arrachage manuel, le retraitement, etc. Le Plan prévoit aussi deux services gratuits, soit l’identification de l’AT par le Laboratoire d’expertise en phytoprotection et la détection de la résistance aux herbicides de l’AT.

Pour obtenir plus d’information sur l’AT ou sur le Plan, on peut consulter le site www.amarantetuberculee.ca.

Comment contrôler l’amarante tuberculée?

Il existe plusieurs moyens de lutte contre l’AT : le contrôle chimique par l’utilisation de groupes d’herbicides efficaces, la rotation des cultures, l’utilisation de cultures de couverture, le contrôle mécanique, l’arrachage manuel, etc. L’utilisation de plusieurs de ces moyens de lutte sera nécessaire pour la contrôler à long terme.

Dans le cas du contrôle chimique, la stratégie choisie devra permettre un contrôle tout au long de la saison. Cela peut nécessiter deux applications : en pré-émergence et en post-émergence. La rotation avec des cultures à croissance rapide et dense, comme les céréales, permet de bien contrôler l’AT puisque celle-ci ne tolère pas bien l’ombre. De plus, le semis d’une culture de couverture après la récolte des céréales favorisera un contrôle en fin de saison.

L’objectif principal du contrôle de l’AT est d’éviter la production de graines. L’arrachage manuel s’avère être un moyen de lutte très efficace en début d’infestation.

La vigilance est de mise

Selon nos constatations, il est fort probable que l’AT ait été introduite par l’achat de machinerie agricole usagée provenant de l’extérieur du Québec. Si vous avez fait l’achat de machinerie agricole dans les dernières années, principalement d’une moissonneuse-batteuse en provenance des États-Unis, soyez vigilant et rapportez tous les cas que vous suspectez être de l’AT afin d’obtenir le soutien technique pour la contrôler.

Les graines d’AT étant minuscules, soit de moins de 1 mm de diamètre, il est très facile de la propager. De plus, l’AT peut être confondue avec d’autres espèces d’amarantes. Il est important de la reconnaître rapidement en début d’infestation : une prise en charge rapide du problème peut vous épargner beaucoup de soucis par la suite. L’AT est facile à apercevoir dans la culture du soya étant donné la hauteur de ses plants, qui dépassent largement ceux du soya. 

Résistance multiple

L’enjeu principal concernant l’amarante tuberculée (AT) demeure le développement d’une résistance multiple aux herbicides. Sur les 29 populations connues d’AT au Québec, plusieurs possèdent les gènes de résistance à plus d’un groupe d’herbicides. Cela démontre l’importance d’utiliser d’autres moyens de lutte pour la contrôler et éviter l’apparition de nouvelles résistances.

Yvan Faucher, agr., conseiller en grandes cultures, Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ)