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« Il faut que la bonne dose du bon produit soit donnée au bon moment à la bonne vache. » Photo : Martin Ménard/TCN

« Il faut que la bonne dose du bon produit soit donnée au bon moment à la bonne vache. » Photo : Martin Ménard/TCN

Protocoles hormonaux dans les fermes laitières

Pour la plupart des producteurs laitiers, suivre des protocoles hormonaux afin de gérer la reproduction des vaches fait partie du quotidien. Certains sont simples et ne nécessitent qu’une seule injection hormonale.

Par exemple, une injection de prostaglandine chez une vache aura généralement pour but d’induire une chaleur dans deux à cinq jours. D’un autre côté, plusieurs protocoles sont complexes et peuvent demander de trois à six injections. Le protocole Ovsynch, communément appelé « 7-2-1 » au Québec, est très fréquemment utilisé.

Bien que les protocoles hormonaux fonctionnent bien dans la plupart de fermes, il y a parfois des situations où les résultats sont sous-optimaux et n’aboutissent pas à un taux de succès à la saillie acceptable. Cela peut être dû à plusieurs facteurs biologiques, notamment le fait d’avoir une proportion élevée de vaches dont le cycle de reproduction est affecté (anovulation) ou qui sont atteintes d’infection utérine (endométrite), ainsi qu’à d’autres causes alimentaires, infectieuses ou de régie de la semence/insémination.

L’observance

Le but de cette chronique n’est pas de couvrir tout ce qui peut nuire à la reproduction, mais plutôt de parler d’un facteur très important, souvent oublié lors de l’utilisation de protocoles hormonaux : l’observance, qui fait référence au respect du protocole d’injections hormonales. Bien que ça puisse ne pas sembler très grave de se tromper dans la réalisation d’une injection, il faut savoir que le respect intégral du protocole est essentiel pour obtenir de bons résultats.

Les critères permettant d’avoir une bonne observance sont nombreux. Pour rendre le tout facile, on peut suivre cette consigne : faire en sorte que la bonne dose du bon produit soit donnée au bon moment à la bonne vache. Elle doit être respectée à la lettre pour ne pas nuire à l’observance du protocole.

Voici des exemples fréquents observés dans les fermes.

  • L’injection était prévue le mardi matin, mais à cause d’un oubli, elle a été donnée le mardi soir.
  • L’injection devait être pratiquée sur la vache 23, mais c’est la 33 qui l’a reçue par erreur.
  • La vache a bougé pendant l’injection et elle n’a reçu que 1 cc de produit, alors que la dose requise était de 2 cc.
  • Il y avait plusieurs bêtes à injecter et, par erreur, une vache a reçu le produit A au lieu du produit B.

On sait que l’observance dans un troupeau laitier moyen est d’environ 95 %, mais elle peut être plus basse dans certains cas. Cela veut dire qu’en moyenne une vache sur 20 ne recevra pas l’injection prévue. Lors de l’application d’un protocole à six injections, il se peut donc que seulement 70 % des vaches (5 % d’erreur par injection X 6 injections) bénéficient d’une bonne observance du protocole hormonal assigné. Il est facile d’imaginer qu’une telle situation pourrait nuire au succès en reproduction.

Alors, comment est l’observance dans votre troupeau? C’est peut-être un sujet à aborder avec votre vétérinaire lors de sa prochaine visite. 

Dr Jocelyn Dubuc, M.V., M. Sc., D.V.Sc. , collaboration spéciale