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Transplant de crucifère nouvellement mis en terre et affecté par le gel printanier et la sécheresse du début de la saison 2020. Photo : Gracieuseté du MAPAQ

Transplant de crucifère nouvellement mis en terre et affecté par le gel printanier et la sécheresse du début de la saison 2020. Photo : Gracieuseté du MAPAQ

Pour une meilleure planification de la culture des crucifères en 2021

Bon an, mal an, les défis pour assurer la protection et la productivité des cultures de crucifères ne manquent pas. L’année 2020 a apporté son lot de contraintes qui ont obligé les producteurs à adapter leur régie de production.

En l’espace de quelques jours, les conditions climatiques du début de la saison ont alterné de températures sous le point de congélation qui ont affecté les crucifères déjà implantées à un temps plus chaud et sec. Le manque d’eau a nui à la germination et à la levée uniforme des semis de crucifères, faisant en sorte que des champs ont dû être semés de nouveau. Les transplants nouvellement mis en terre en ont également souffert et les producteurs ont dû se montrer proactifs pour apporter l’eau essentielle à la survie de leurs cultures si tôt en saison.

En période de sécheresse, les plantes voient leur croissance ralentie puisqu’elles ne peuvent puiser l’eau et les éléments minéraux dont elles ont besoin. Lorsqu’elles reçoivent des apports d’eau par la pluie ou l’irrigation, les crucifères qui ont subi un stress hydrique se développent rapidement. Des symptômes de carence en calcium peuvent alors se manifester. La brûlure de la pointe est le désordre physiologique qui caractérise la carence en calcium chez les crucifères.

Quand les points de croissance sont endommagés ou morts, certaines cultures plus sensibles, tels les choux chinois, peuvent être invendables. Des bactéries peuvent également envahir les tissus blessés et causer des maladies difficiles à maîtriser. Mieux vaut donc prévenir la carence en calcium.

Pour ce faire, en plus de choisir des cultivars plus tolérants, d’éviter d’endommager les racines et de faire des applications foliaires de calcium, il y a lieu d’assurer une croissance constante des crucifères en maintenant une bonne humidité du sol (apport régulier en eau) et une fertilisation équilibrée.

Le contrôle des mauvaises herbes n’a pas été de tout repos non plus cette saison. Le faible taux d’humidité des sols n’a pas permis aux herbicides appliqués avant l’implantation des crucifères d’agir efficacement. Le sarclage manuel a donc été nécessaire. Bon nombre d’entreprises agricoles n’ont pas réussi à avoir toute la main-d’œuvre dont elles avaient besoin, si bien que des champs de crucifères se sont retrouvés envahis d’adventices, favorisant la présence d’insectes et de maladies et affectant ainsi leur rendement.

Des producteurs qui ont opté pour la technique préventive du faux semis ont obtenu des résultats intéressants. Cette technique consiste à travailler le sol aussi finement qu’on le fait pour un semis, à laisser les graines de mauvaises herbes germer et à détruire les plantules physiquement ou chimiquement avant de préparer le sol pour l’implantation de la culture.

Grâce à ces quelques constatations, on peut déjà planifier la prochaine saison de culture de crucifères, par exemple, en choisissant des champs à proximité d’une source d’eau pour faciliter l’irrigation. La rotation des cultures est aussi un élément clé qui permet de briser les cycles de vie des ennemis des crucifères et de mieux prévenir les dommages qu’ils engendrent. Votre agronome pourra vous accompagner dans la mise en œuvre de cette étape cruciale de la lutte intégrée qu’est la prévention. 

Cécidomyie du chou-fleur

Étant donné que la cécidomyie du chou-fleur passe son stade de pupe sous terre, les sols secs ne lui sont pas favorables. Une autre façon d’agir contre cet insecte est de détruire et d’enfouir les résidus de culture dès la fin de la récolte. Ainsi, on ne laisse plus de points de croissance accessibles pour que ce ravageur puisse y pondre ses œufs. 

Mélissa Gagnon, agr., direction régionale de Montréal-Laval-Lanaudière, ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ)