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Le recyclage agricole des matières résiduelles fertilisantes issues de municipalités ou de l’industrie peut s’avérer bénéfique, s’il est bien encadré. Photo : Gracieuseté de Viridis Environnement

Le recyclage agricole des matières résiduelles fertilisantes issues de municipalités ou de l’industrie peut s’avérer bénéfique, s’il est bien encadré. Photo : Gracieuseté de Viridis Environnement

Pour une bonne utilisation des matières résiduelles fertilisantes

La réutilisation en agriculture des biosolides municipaux, papetiers et autres matières résiduelles fertilisantes (MRF) de qualité permet entre autres d’enrichir les sols pauvres et d’améliorer leur structure. Également, cette pratique est tout à l’honneur des producteurs, car ils participent activement à l’économie circulaire, dont l’effort de réduction des gaz à effet de serre (GES) par la séquestration du carbone.

En effet, le recyclage agricole des MRF est une pratique significativement plus respectueuse de l’environnement que l’enfouissement ou la combustion. Une partie du carbone contenu dans ces matières rejoint la banque de matière organique du sol, stockant de grandes quantités de carbone dans les sols, en plus d’en améliorer la texture et la fertilité.

Malgré les retombées positives de cette activité, plusieurs producteurs sont toujours craintifs d’utiliser les MRF, qu’elles proviennent de municipalités ou d’industries. Les sciences agronomique et environnementale convergent vers la conclusion qu’une fertilisation organique est bénéfique aux sols et que l’utilisation de MRF conformes aux critères de qualité établis par les différents ordres de gouvernement est sécuritaire. Il y a toutefois des facteurs à considérer autres que les bénéfices agronomiques, environnementaux et économiques.

Encadrement

Par exemple, le ministère de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques (MELCC) encadre de façon très serrée l’utilisation de ces matières. Différentes procédures doivent être suivies afin d’utiliser des MRF conformément aux lois, règlements et guides. Le non-respect de la législation peut entraîner des avis d’infractions menant parfois à des amendes. Cette approche nécessite donc d’être prévoyant quant aux délais et surtout, au choix du fournisseur.

Les critères menant au choix d’un fournisseur de MRF doivent être faits avec la même rigueur que pour les autres intrants tels que les engrais, pesticides, semences. L’entreprise a-t-elle à son emploi des agronomes membres de l’Ordre des agronomes? A-t-elle l’expertise nécessaire? Possède-t-elle des assurances adéquates? Un programme de formation pour ses employés? Offre-t-elle un accompagnement complet jusqu’à la livraison au champ?

C’est pourquoi les producteurs doivent rester vigilants lorsqu’ils choisissent un fournisseur de produits tels que les MRF; il faut viser des entreprises sérieuses qui ont une solide réputation de gestionnaire respectant les lois en vigueur et ayant des pratiques commerciales impeccables.

La réutilisation en agriculture des matières organiques produites par tous les membres de la société fait partie d’un cycle essentiel à notre développement durable : les nutriments extraits de la terre et le carbone des sols libéré dans l’atmosphère retournent à la terre. Mais pour bien réussir un projet de recyclage agricole de MRF, les soutiens agronomique, administratif et réglementaire par l’entreprise qui distribue les MRF sont indispensables. 

Les références

Choisir son fournisseur, c’est l’équivalent de choisir un employé. Pour ce faire, on s’informe. On valide l’expérience de l’employeur précédent. Selon les commentaires reçus, on confirme sa décision. Le fournisseur de MRF déléguera un conseiller : son employé. Avant de lui donner les plans de la ferme, on validera ses références et celles de son équipe.

Louis-Mathieu Gagnon, agr., M. Sc., directeur régional, Viridis Environnement