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Une détection précoce de la bronchopneumonie chez les veaux lourds est essentielle pour pouvoir mettre en place rapidement un traitement efficace. Photo : Gracieuseté des Producteurs de bovins du Québec

Une détection précoce de la bronchopneumonie chez les veaux lourds est essentielle pour pouvoir mettre en place rapidement un traitement efficace. Photo : Gracieuseté des Producteurs de bovins du Québec

Mieux détecter la bronchopneumonie chez les veaux lourds

Maladie omniprésente, la bronchopneumonie chez les veaux lourds exige l’utilisation d’antibiotiques et entraîne des pertes économiques majeures.

Une détection précoce de la maladie est essentielle pour pouvoir mettre en place rapidement un traitement efficace. Cette détection nécessite d’être spécifique afin de traiter uniquement les animaux réellement malades pour ainsi optimiser l’utilisation des antibiotiques et réduire le risque d’émergence de résistance.

Parmi les tests disponibles, l’interprétation des signes cliniques observés est la démarche la plus couramment utilisée au quotidien. Plusieurs signes cliniques sont évocateurs de bronchopneumonie chez un veau :

  • La présence d’écoulement nasal;
  • La présence d’écoulement oculaire;
  • Les oreilles tombantes pouvant être associées à une tête penchée;
  • La présence de toux;
  • De la difficulté à respirer;
  • La fièvre (température rectale ≥ 39,5 °C).

Malheureusement, il n’est pas toujours facile de reconnaître ces signes. De plus, leur interprétation pour conclure à la présence de bronchopneumonie peut varier selon les évaluateurs. Une standardisation de l’interprétation de ces signes cliniques est donc nécessaire pour rendre ce test plus objectif et plus performant.

Élaboration d’un score clinique

Notre équipe de recherche a donc filmé les signes cliniques de 800 veaux lourds dans 80 lots différents. Dans un premier temps, des vidéos isolant chaque signe clinique ont été présentées à différents évaluateurs (six vétérinaires, six techniciens et six producteurs) afin de déterminer l’accord de chacun pour juger de la présence et de la sévérité de chaque signe clinique chez un veau. La toux et la position des oreilles étaient les signes pour lesquels les évaluateurs étaient le plus en accord. 

La présence de ces signes chez un veau a ensuite été comparée à celle de la maladie estimée à l’aide d’une échographie du poumon et du dosage sanguin de l’haptoglobine (marqueur inflammatoire). Cette comparaison a abouti à l’élaboration d’un score clinique.

Avec ce score, dans une population fictive avec 15 % des veaux atteints de bronchopneumonie, si un veau présente un score positif, il a plus de 80 % de chances d’avoir la maladie. À l’inverse, si cette combinaison de signes est absente, il a plus de 85 % de chances de ne pas avoir de bronchopneumonie. Son exactitude au niveau individuel est cependant plus faible.

À l’échelle du lot, sur un échantillonnage aléatoire de 10 veaux, la présence de 3 veaux ou plus ayant obtenu un résultat positif à ce score permet de conclure qu’un lot a plus de 90 % de chances d’être à risque (c’est-à-dire avec ≥ 10 % de veaux atteints). À l’inverse, si seulement 1 ou 2 veaux ont obtenu un résultat positif, le lot a plus de 95 % de chances de ne pas être à risque.

Ce score simple et interprétable similairement par tout le monde permettra une meilleure détection des lots de veaux lourds à risque de bronchopneumonie. 

Dre Julie Berman, m.v.
Dr David Francoz, m.v.
Dr Simon Dufour, m.v.
Dr Sébastien Buczinski, m.v.