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Des veaux faibles à la suite d’une naissance assistée ou qui ont une mauvaise angulation des membres peuvent bénéficier de traitements ostéopathiques ponctuels. Photo : Martin Ménard/Archives TCN

Des veaux faibles à la suite d’une naissance assistée ou qui ont une mauvaise angulation des membres peuvent bénéficier de traitements ostéopathiques ponctuels. Photo : Martin Ménard/Archives TCN

L’ostéopathie en médecine des animaux de ferme

Les traitements complémentaires à la médecine traditionnelle sont en essor au Québec pour les humains comme pour les animaux.

Dans le domaine vétérinaire, la demande des producteurs d’élargir l’éventail de possibilités de traitements pour leurs animaux grandit. L’ostéopathie, avec la chiropractie, la physiothérapie et l’acupuncture, est l’une des quatre médecines complémentaires encadrées par l’Ordre des médecins vétérinaires du Québec (OMVQ) depuis 2018. Cela implique qu’ici, ce sont des traitements qui doivent obligatoirement être effectués sur les animaux par un médecin vétérinaire.

L’ostéopathie est une thérapie manuelle qui consiste à rétablir le mouvement et la mobilité des structures du corps et de la circulation par des manipulations ou des micromanipulations qui seront parfois invisibles pour un observateur non averti. Le médecin vétérinaire qui pratique l’ostéopathie sur un animal sera à l’affût de toutes les tensions dans les différents tissus, qui aboutissent à des restrictions de mobilité des structures ainsi que des organes et diminuent d’autant leur bon fonctionnement.

Complément de traitement

La gestion de la douleur et des maladies chroniques dans les productions animales est parfois limitée, entre autres, par le nombre restreint de médicaments homologués, par l’interdiction de ceux-ci de se trouver dans le lait et la viande et par les effets secondaires générés par certains d’entre eux. Dans un contexte où le bien-être et la longévité des animaux de consommation sont des enjeux importants de l’industrie, l’ostéopathie est un complément de traitement intéressant pour de nombreuses maladies. Voici quelques exemples de situations où les approches complémentaires peuvent devenir un apport appréciable à la médecine traditionnelle.

Les ruminants qui souffrent de divers problèmes aigus peuvent en bénéficier. Que ce soit pour traiter l’inconfort aux hanches ou au dos ressenti par la mère à la suite d’un vêlage, ou la faiblesse éprouvée par des nouveau-nés après une naissance assistée qui ne tètent pas correctement dans les premiers jours de vie ou qui ont une mauvaise angulation des membres, l’ostéopathie peut être utile de manière ponctuelle.

Un animal présentant une boiterie qui ne s’explique ni par un problème au pied ni par une fracture ou une arthrite peut être évalué par un médecin vétérinaire exerçant l’ostéopathie. Il en va de même pour les vaches qui ont des difficultés à se lever convenablement dans les stabulations entravées. En effet, ces animaux agissent souvent de la sorte en raison d’une gêne due à une tension ou à une baisse de mobilité de l’un ou de plusieurs de leurs membres ou de leurs organes. Par contre, les bêtes dont la condition est chronique et sévère, telles que des vaches qui souffrent d’hyperflexion saccadée et spasmodique des membres arrière, peuvent être difficiles à traiter et nécessiter plusieurs séances avant de voir une amélioration des symptômes.

De plus, il est aussi possible de traiter certains cas d’infertilité ou de problèmes abdominaux par l’ostéopathie. Les animaux en croissance rapide ou qui sont susceptibles de participer à des expositions peuvent aussi bénéficier de soins ostéopathiques préventifs afin de s’assurer une croissance harmonieuse et une amélioration de la posture. 

Étapes

Il convient toujours de faire d’abord évaluer son animal par un vétérinaire exerçant la médecine traditionnelle afin d’éliminer de la liste des hypothèses diagnostiques les causes possibles du problème de ce type de pratique. La visite du médecin vétérinaire offrant des traitements d’ostéopathie est une seconde étape.

Dre Anne-Marie Bélanger, M.V. 
Dre Hélène Michaux, M.V.
Clinique ambulatoire bovine, Faculté de médecine vétérinaire