fbpx
L’infertilité post-partum des vaches laitières semble amplifiée par une production laitière accrue. Photo : Martin Ménard/Archives TCN

L’infertilité post-partum des vaches laitières semble amplifiée par une production laitière accrue. Photo : Martin Ménard/Archives TCN

L’infertilité post-partum des vaches laitières

L’un des problèmes persistants en ­production laitière est l’infertilité post-­partum des vaches qui entraîne un taux de remplacement élevé et des conséquences économiques significatives.

Cette infertilité semble aggravée ou amplifiée par une production laitière accrue sans qu’il y ait un lien clairement établi de cause à effet. L’explication la plus facile consiste à dire que la production de lait compétitionne avec la reproduction, mais encore faut-il le démontrer puisque certaines vaches grandes productrices ont une bonne ­fertilité et vice versa. Nous avons donc cherché une explication.

Changements au fonctionnement de l’ovaire

Sans attribuer la faute à l’ovaire d’entrée de jeu, nous avons remarqué des changements dans son fonctionnement durant la période post-partum. Les symptômes étaient relatifs à la phase folliculaire (ovulation tardive, chaleurs faibles et non-ovulation).

Les expériences ont porté sur deux perspectives, soit le temps post-partum et le statut métabolique de l’animal. Elles ont démontré que ces changements ­ovariens, particulièrement au jour 60, étaient en lien avec une activation insuffisante d’une enzyme (p38 kinase) jouant un rôle important dans le développement de l’embryon et que cela dépendait de l’acide rétinoïque (dérivée de la ­vitamine A).

L’analyse des gènes a ensuite confirmé que l’enzyme est déficiente (en vitamine A) chez les vaches avec un niveau de bêta-hydroxybutyrate (BHB) élevé, mais également que la vitamine D serait aussi déficiente chez ces vaches alimentées exactement comme les vaches avec un bas niveau de BHB.

Il apparaît logique de penser que cette déficience est due à la perte accrue dans le lait, source importante de ces vitamines, chez les fortes productrices, mais, en compensation, ces vaches consomment plus de nourriture.

Saisonnalité reproductive

L’autre explication est que l’ovaire était, à l’origine, génétiquement programmé pour moins bien fonctionner dans les conditions de faible apport énergétique (l’hiver, par exemple). Donc, l’arrivée de concentrations supérieures de ces vitamines au printemps permettait de stimuler la reproduction en prévision de nourriture abondante annoncée par l’arrivée de l’herbe fraîche et du soleil. La vache aurait donc gardé une certaine saisonnalité reproductive.

Recherches sur la fertilité bovine

De nombreuses recherches sur la fertilité bovine sont réalisées afin d’améliorer la reproduction dans les troupeaux. Le Dr Marc-André Sirard a participé à deux récentes études subventionnées par le ministère québécois de l’Agriculture portant sur les enjeux d’infertilité des vaches laitières.

Dr Marc-André Sirard, m.v., Ph. D.