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Une bonne mise à jeun des porcs diminuerait de moitié le risque de mortalité durant le transport. Photo : Gracieuseté du CDPQ

Une bonne mise à jeun des porcs diminuerait de moitié le risque de mortalité durant le transport. Photo : Gracieuseté du CDPQ

L’importance d’une bonne mise à jeun des porcs

Les estomacs pleins engendrent des problèmes et des pertes financières à la fois pour les producteurs, les transporteurs, les abattoirs et les transformateurs. Il ne faut donc pas sous-estimer l’importance de faire une bonne mise à jeun avant l’abattage, et ce, malgré certaines idées reçues.

Pour le producteur plus spécifiquement, une mauvaise mise à jeun conduit à un gaspillage d’aliments. En effet, les moulées consommées dans les dernières heures n’auront pas le temps d’être converties en viande par l’animal. Pour une moulée de finition coûtant 300 $ la tonne, par exemple, ces pertes représenteront un peu plus de 0,45 $ par porc.

Durant le transport

Une bonne mise à jeun des porcs diminuerait de moitié le risque de mortalité durant le transport. Effectivement, les porcs avec les estomacs pleins sont plus difficiles à manipuler, donc plus stressés et plus essoufflés. Lorsque les manipulations sont plus difficiles, le risque de blessures augmente pour les porcs, mais aussi pour les employés. Bref, beaucoup plus de stress et un travail plus pénible en perspective.

Finalement, si les porcs ont l’estomac plein, ils vont déféquer plus dans le camion et dans les allées durant le chargement, ce qui occasionnera plus de nettoyage et des frais supplémentaires de litière et de main-d’œuvre pour le transporteur.

Rétablissement des faits

Comme certaines idées reçues subsistent au sujet de la mise à jeun des porcs, il est important de rétablir certains faits.

  Vrai ou faux? « Je n’ai pas de salle d’expédition, donc si je fais jeûner tous les porcs du parc avant chaque expédition, le gain de poids des animaux sera affecté. » Faux. Heureusement, ce ne serait pas le cas. L’expérience terrain semble néanmoins nous montrer qu’une période de 72 heures avant de refaire une période de jeûne serait nécessaire afin d’éviter tout impact sur les performances.

  Vrai ou faux? « Si je mets les porcs à jeun, ils seront agressifs, vont se battre et il y aura de la mortalité. » Faux.
C’est le regroupement d’animaux non familiers qui occasionne des batailles, pas le jeûne.

  Vrai ou faux? « Les porcs qui jeûnent meurent d’ulcères d’estomac. » Faux. Dans la mesure où le jeûne dure de 17 à 24 heures, il ne cause pas davantage d’ulcères d’estomac. Cependant, pour des jeûnes plus longs que 24 heures, les risques de développement d’ulcères sont présents, mais il faut savoir que ceux-ci sont également causés par d’autres ­raisons, comme toute forme de stress, une mouture trop fine des ­aliments, etc. 

Une mise à jeun adaptée à la régie

Les mises à jeun varient selon les régies. Les producteurs qui se questionnent sur la meilleure façon de procéder pourront visionner la vidéo qui a été produite sur le sujet par le Centre de développement du porc du Québec (CDPQ). Celle-ci est disponible sur la chaîne YouTube du CDPQ à l’adresse suivante : https://www.youtube.com/watch?v=opbxbfo88Ns.

Laeticia Cloutier, Agr., M. SC., responsable alimentation et nutrition au Centre de développement du porc du Québec