fbpx
Les éleveurs devraient considérer tous les visiteurs, que ce soit le médecin vétérinaire, le nutritionniste, l’inséminateur ou même le petit cousin de la famille, comme une source potentielle de transmission de maladies et prendre des mesures pour réduire ce risque.

Les éleveurs devraient considérer tous les visiteurs, que ce soit le médecin vétérinaire, le nutritionniste, l’inséminateur ou même le petit cousin de la famille, comme une source potentielle de transmission de maladies et prendre des mesures pour réduire ce risque.

Les visiteurs : un risque à ne pas négliger dans les fermes laitières

Les agents pathogènes responsables de maladies infectieuses peuvent se transmettre d’une ferme à une autre de nombreuses façons. En production laitière, pour bien des maladies, ce sont les animaux infectés, malades ou simplement porteurs, qui sont reconnus comme étant la source de danger la plus importante. Toutefois, même si un plan de biosécurité devrait mettre l’accent sur le contrôle des mouvements d’animaux, il ne faudrait pas négliger les voies de transmission indirectes.

Tout visiteur peut transporter à son insu des agents pathogènes d’une ferme à l’autre par l’entremise de bottes, de vêtements ou d’équipements contaminés. Il pourrait s’agir par exemple du virus de la diarrhée virale bovine, de salmonelles ou encore de l’agent responsable de la paratuberculose. Sans compter que des maladies animales exotiques, par exemple la fièvre aphteuse, peuvent également être involontairement transmises par les visiteurs qui ont voyagé ailleurs dans le monde. Une telle transmission se révélerait catastrophique pour toute l’industrie.

Les éleveurs devraient considérer tous les visiteurs, que ce soit le médecin vétérinaire, le nutritionniste, l’inséminateur ou même le petit cousin de la famille, comme une source potentielle de transmission de maladies et prendre des mesures pour réduire ce risque.

À cet égard, il ne faut pas se gêner d’exiger que quiconque entrant dans les bâtiments d’élevage applique certaines mesures de biosécurité telles que le lavage et la désinfection des bottes (ou le port de couvre-bottes jetables), le lavage des mains, ainsi que le port d’un survêtement propre n’ayant pas été en contact avec les animaux d’une autre ferme. Sans oublier que le lavage et la désinfection des bottes (ou le retrait des couvre-bottes jetables), le lavage des mains et le changement de survêtement devraient aussi être appliqués à la sortie des visiteurs afin de limiter les risques de transmission de maladies à d’autres fermes.

Registre des visiteurs

Et pourquoi ne pas exiger également la signature d’un registre des visiteurs? Les producteurs laitiers ont tout avantage à instaurer ce type de registre à l’entrée de leur ferme. D’abord, il s’agit d’un outil qui vient rappeler au visiteur qu’il représente un risque non négligeable de transmission de maladie pour l’élevage et que certaines mesures doivent être appliquées. En signant un tel registre, le visiteur prend conscience du sérieux de la prise en charge de la biosécurité à la ferme, ce qui peut avoir un impact très positif sur son attitude et peut l’inciter à se conformer aux règles de biosécurité. 

La tenue d’un tel registre peut également aider, au fil du temps, à quantifier le risque que représentent les visites à la ferme en permettant de savoir combien de visiteurs passent en une journée et de quel type de visiteur il s’agit. De plus, cet outil vient assurer la traçabilité des entrées, traçabilité qui serait des plus précieuses advenant l’éclosion d’une maladie hautement contagieuse à la ferme. Le fait de savoir qui se trouvait dans une exploitation particulière et où il se trouvait avant et après sa visite peut contribuer grandement à la rapidité à laquelle une telle éclosion serait contrôlée.

Finalement, afin de favoriser et de faciliter grandement l’application de bonnes pratiques de biosécurité par les visiteurs, le producteur devrait aussi s’assurer de fournir les installations et le matériel appropriés (boyau d’arrosage, savon désinfectant, évier, etc.). 

Remerciements au Dr Luc Bergeron et à Marilène Halin, de la Direction de la santé animale du MAPAQ, pour leur collaboration à la révision de cet article.

Dre Marie-Ève Paradis, Vétérinaire-conseil à l’Association des médecins vétérinaires praticiens du Québec