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L’objectif des recherches effectuées par Neda Barjesteh est d’identifier des molécules immunomodulatrices afin de stimuler la réponse immunitaire du poulet. Photo : Archives/TCN

L’objectif des recherches effectuées par Neda Barjesteh est d’identifier des molécules immunomodulatrices afin de stimuler la réponse immunitaire du poulet. Photo : Archives/TCN

Les stratégies immunitaires qui contrôlent les infections avicoles

L’incidence élevée de la mortalité chez les jeunes poulets au cours de la première semaine dans les fermes avicoles commerciales est l’un des défis courants de l’industrie. La mortalité hebdomadaire cumulative moyenne est d’environ 1,54 % pour la première semaine.

L’industrie est continuellement à la recherche d’approches novatrices pour réduire ce taux, particulièrement pendant la première semaine, afin de diminuer les pertes économiques et d’améliorer la performance des troupeaux. Ce taux est même un indicateur de la performance du cheptel pendant la période d’élevage puisqu’il est le reflet de plusieurs facteurs, tels que la gestion de l’exploitation, le logement et les infections bactériennes, qui ont un impact sur la mortalité juvénile dans les entreprises avicoles.

Sac vitellin et E. coli

Des études antérieures ont indiqué que les infections bactériennes, principalement celles à Escherichia coli (E. coli), jouent un rôle majeur dans 50 % des mortalités de troupeaux de poules pondeuses au cours de la première semaine.

L’infection du sac vitellin, vésicule qui nourrit l’embryon lors de l’incubation, représente jusqu’à 25 % des causes de mortalité chez les poulets au cours des premiers jours suivant l’éclosion.

Ainsi, grâce aux recherches du docteur John Fairbrother, expert de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) en E. coli, la forte prévalence de cette bactérie dans les infections du sac vitellin a été confirmée chez les cheptels de volailles.

Kelsey O’Dowd et sa professeure Neda Barjesteh, immunologiste vétérinaire.

Kelsey O’Dowd et sa professeure Neda Barjesteh, immunologiste vétérinaire.

Stimuler l’immunité

En raison des pertes économiques importantes dues à la mortalité des poussins causée par des infections bactériennes, il est nécessaire d’explorer de nouvelles approches. Celles-ci auraient pour but d’améliorer les réponses innées de l’hôte chez les poulets qui viennent d’éclore afin de réduire les infections et d’améliorer les conditions d’élevage des poulets. À long terme, l’objectif serait de trouver une solution de rechange aux antibiotiques dans les élevages de volailles.

Généralement, les vaccins nécessitent plusieurs jours avant d’offrir une immunité protectrice contre les bactéries par l’immunité adaptative. L’amélioration des réponses immunitaires innées du poulet tôt dans la vie peut représenter une occasion cruciale d’améliorer la santé et la survie des troupeaux sensibles aux infections bactériennes. Pour cette raison, l’administration in ovo d’un mélange de molécules immunostimulatrices protégera efficacement les poussins. Neda Barjesteh et son équipe se concentrent actuellement sur l’identification de molécules immunostimulatrices puissantes ayant la capacité de stimuler les réponses immunitaires innées chez les volailles et pouvant être utilisées en toute sécurité. L’application in ovo de ces molécules permettra d’établir de nouvelles stratégies pour améliorer les réponses immunitaires contre les infections chez les poulets. 

Plus d’immunité, moins d’antibiotiques

Si nous tenons compte des effets immunostimulateurs de ces molécules, un niveau amplifié de protection contre les infections constituerait une excellente solution de rechange et permettrait éventuellement de réduire l’utilisation d’antibiotiques dans les élevages de volailles.

Kelsey O’Dowd, étudiante aux cycles supérieurs
Neda Barjesteh, D.M.V., Professeure adjointe à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal