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Il est connu que les chèvres laitières sont moins sensibles que les vaches laitières au désordre du métabolisme ruminal occasionné par des rations riches en amidon fermentescible et faibles en fibre efficace. Mais des répercussions négatives peuvent tout de même survenir chez cette espèce. Photo : Martin Ménard/Archives TCN

Il est connu que les chèvres laitières sont moins sensibles que les vaches laitières au désordre du métabolisme ruminal occasionné par des rations riches en amidon fermentescible et faibles en fibre efficace. Mais des répercussions négatives peuvent tout de même survenir chez cette espèce. Photo : Martin Ménard/Archives TCN

Les apports en amidon chez la chèvre laitière en début lactation

Les causes de la diminution de la concentration de la matière grasse du lait chez les ruminants sont multifactorielles. Le stade de lactation, l’âge de l’animal, la saison, la race, la génétique et le régime alimentaire sont tous des facteurs pouvant être en cause. Cependant, au début de la lactation, la chute de la matière grasse du lait chez les ruminants est souvent attribuable à l’usage de rations riches en amidon, celles-ci étant offertes afin de mieux combler le besoin énergétique de l’animal durant cette période.

Selon le niveau des apports alimentaires, une perturbation ruminale peut s’ensuivre et causer cette chute. La baisse de la synthèse de la matière grasse laitière représente non seulement une perte économique directe pour les producteurs, mais est également associée à une réduction de l’efficacité alimentaire et à des problèmes de santé provoqués par l’apparition d’acidose ruminale subaiguë.

Des répercussions négatives

Il est connu que les chèvres laitières sont moins sensibles que les vaches laitières au désordre du métabolisme ruminal occasionné par des rations riches en amidon fermentescible et faibles en fibre efficace. Quoi qu’il en soit, des répercussions négatives peuvent tout de même survenir chez cette espèce. Les résultats de recherche réalisés chez la chèvre laitière au Centre de recherche en sciences animales de Deschambault (CRSAD) le démontrent bien. En effet, le passage d’une ration contenant 45 % de concentrés à 55 % (24 % amidon, 30 % NDF sur base sèche) en début lactation a altéré les composants du lait des chèvres. Quoique la lactation progressait, une telle pratique alimentaire a contribué à faire chuter, en 28 jours, la teneur et la production journalière de la matière grasse du lait de 4,27 à 3,58 % et de 173 à 151 g/j, respectivement (baisses de 16 et 13 %). La descente s’est toutefois poursuivie au-delà de cette période de 28 jours. Au terme des 56 jours d’expérimentation, la diminution avait atteint les niveaux respectifs suivants de 3,36 % et 125 g/j pour la teneur et la production du gras du lait. Par conséquent, le rapport matières grasses : protéines du lait avait diminué de 16 et 21 % après 28 et 56 jours sous un tel régime alimentaire (de 1,25 à 1,04 en 28 jours et à 0,99 après 56 jours).

Lors d’une autre étude effectuée chez la chèvre en début lactation, le passage d’une ration contenant 45 % de concentrés à 55 % (20 % amidon, 25 % NDF sur base sèche), a également provoqué une diminution de 18 % de la teneur en matière grasse du lait des chèvres (de 4,29 à 3,50 %), alors que le rapport matière grasse : protéine du lait a aussi diminué de 1,25 à 1,05 en 41 jours (baisse de 16 %).

Ainsi, ces résultats indiquent qu’il est important d’accorder une attention à la quantité de concentrés servis aux chèvres en début lactation. L’ensemble des données scientifiques disponibles à ce jour indiquent que l’intensité des effets observés par la consommation de hauts niveaux de concentrés est moindre chez la chèvre en début lactation comparativement à la vache laitière. Toutefois, on constate que des effets négatifs peuvent quand même se faire sentir chez l’espèce caprine.

Apports en amidon

Il est important de se soucier des apports en amidon chez la chèvre laitière en début lactation. Une ration élevée en amidon et pauvre en fibres peut provoquer un désordre ruminal et altérer les composants du lait des chèvres. Par conséquent, cela pourrait avoir un impact négatif sur le revenu des producteurs et altérer la transformation fromagère.

Janie Lévesque, M. Sc., Agr., Centre de recherche en sciences animales de Deschambault