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L’impartialité de l’auditeur et l’uniformité d’interprétation sont impératives dans le cas de l’audit de tierce partie. Photo : Gracieuseté de Gestion Qualiterra

L’impartialité de l’auditeur et l’uniformité d’interprétation sont impératives dans le cas de l’audit de tierce partie. Photo : Gracieuseté de Gestion Qualiterra

La petite histoire des audits dans les secteurs agroalimentaire et agricole

Les audits sur les procédures de salubrité sont devenus de plus en plus fréquents à partir des années 1990.  D’abord réalisés dans les usines de transformation alimentaire, ils ont migré vers la ferme au tournant des années 2000. Il y a trois types d’audits : l’audit de première partie (audit interne), l’audit de deuxième partie (souvent réalisé par un client) et l’audit de tierce partie (réalisé par une entité indépendante). 

L’impartialité de l’auditeur et l’uniformité d’interprétation sont impératives dans le cas de l’audit de tierce partie. C’est pourquoi une structure obligatoire de reconnaissance des organismes de certification a été créée. L’organisme de certification est l’entité responsable de réaliser l’audit et de délivrer le certificat.  Les programmes de certification les plus rigoureux vont exiger que les organismes de certification soient accrédités pour leurs programmes avant de délivrer un certificat. 

L’agence nationale d’accréditation au Canada est le Conseil canadien des normes, mais un organisme de certification peut choisir d’être accrédité par une entité en Australie pour un programme et aux États-Unis pour un autre. Par exemple, pour pouvoir certifier une ferme au programme de salubrité CanadaGAP, l’organisme de certification doit avoir été accrédité pour ce programme par une entité reconnue membre de l’International Accreditation Forum (IAF), en ­conformité avec la norme ISO/CEI 17065. Ces exigences font en sorte que devenir un organisme de certification reconnu est un processus rigoureux, mais aussi coûteux. Quand l’organisme est accrédité par un membre de l’lAF, le certificat délivré a une portée internationale. Par exemple, un producteur emballeur de pommes de terre du Québec peut vendre ses pommes de terre avec un certificat CanadaGAP (option C) qui respecte les exigences d’entrée aux États-Unis en matière de salubrité.

Par ailleurs, dans le cas de productions où il n’y a pas d’exportations, le certificat est rarement fourni par un organisme accrédité; il est plutôt délivré par une entité nationale ou un regroupement de producteurs. Ce sont en général des audits de première partie. La gestion du programme peut être auditée par une tierce partie, mais ce n’est pas la même chose.
Il est important de bien comprendre la structure de surveillance et la rigueur imposée lorsqu’on parle d’audit de certification. 

L’exploitant d’une ferme gagne à mettre en place les exigences d’un programme d’audit de façon rigoureuse. Celles-ci sont conçues pour réduire un risque bien défini, qu’il soit lié à la salubrité, au bien-être animal ou à l’intégrité du produit. Écrire des procédures normalisées et maintenir des registres permet d’avoir un contrôle sur les activités et par le fait même sur les coûts. 

Par l’entremise des audits des différents programmes, les entreprises se sont graduellement professionnalisées. L’obligation de répondre aux exigences de traçabilité et de surveillance des conditions de production combinée aux progrès technologiques a permis de faire de grands pas. 

Rôle de l’auditeur

L’auditeur fait l’analyse du respect des procédures mises en place en fonction des exigences d’un programme. Il ne devrait jamais donner de conseils, puisqu’alors, il ne serait plus en mesure de faire une évaluation objective. Contrairement à l’inspecteur, l’auditeur ne s’intéresse pas au produit, mais plutôt au processus de fabrication. 

Natalia St-Amand, AGR., Directrice générale de Gestion Qualiterra