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Pourquoi opter pour une double culture? Plus d’ensileuse embourbée au milieu du champ, ni d’imposants ravinements, ni de sol qui s’envole dans des tempêtes de sable. Photo : Gracieuseté de Philippe Jetten

Pourquoi opter pour une double culture? Plus d’ensileuse embourbée au milieu du champ, ni d’imposants ravinements, ni de sol qui s’envole dans des tempêtes de sable. Photo : Gracieuseté de Philippe Jetten

La double culture fourragère, une tendance à la hausse

Le prix du foin a encore atteint des sommets après un quatrième été caractérisé par la sécheresse. Si vous avez un troupeau, cela peut être une source de stress, alors que si vous n’avez que des terres, cela peut représenter une opportunité d’affaires. Mais si vous ne voulez pas ensemencer plus de prairies, comment en profiter? Il existe des solutions pour produire du fourrage sans réduire vos superficies en maïs, principalement si vous cultivez du maïs ensilage.

Avec l’automne favorable aux semis, l’une des solutions populaires cette année a été le semis de seigle d’automne fourrager. Cette céréale, plus rustique que le blé, est également mieux adaptée au temps froid, ce qui fait qu’elle est la première dont le grain arrive à maturité en juillet. Si c’est trop tard pour une double culture, on pourra choisir de l’ensiler (ou de l’offrir en pâture) plus tôt, au mois de mai, afin de semer une culture de son choix après la récolte.

Si certains cas se prêtent à un semis de seigle d’automne ou d’avoine-pois après la récolte, d’autres nécessitent une petite longueur d’avance de la culture de couverture. À cet effet, on peut implanter son mélange fourrager tranquillement à l’ombre des feuilles de maïs afin qu’il prenne sa place lorsque ce dernier sera battu. Le choix des espèces se fera selon la préférence entre un pâturage automnal ou une céréale hivernante pour une fauche de printemps. La fauche d’automne peut aussi être possible dans certains scénarios en fonction des hauteurs de coupe du maïs, de la date de récolte de ce dernier et de la zone climatique.

Plusieurs choix possibles

Ce ne sont pas tous les engrais verts qui prennent bien en intercalaire, et pas toutes les cultures intercalaires qui font le bonheur de nos bêtes. Mais la liste des possibles est relativement bien garnie : ivraie ray-grass (bisannuelle ou annuelle), seigle d’automne, trèfle incarnat, d’Alexandrie ou rouge, vesce velue, radis, navet fourrager ou encore le fameux pois fourrager. Le radis et le navet se prêtent à la paissance plutôt qu’à la fauche, alors que l’ivraie bisannuelle, le seigle d’automne et le trèfle rouge offrent une fenêtre de récolte printanière. Il est toujours conseillé de faire analyser ses fourrages avant de les soigner afin d’éviter un excès de nitrates ou de sulfates si une fertilisation a été appliquée.

Qu’on récolte ses fourrages ou qu’on laisse les racines faire leur travail, pourquoi se donner tout ce mal? Plus d’ensileuse embourbée au milieu du champ, ni d’imposants ravinements, ni de sol qui s’envole dans des tempêtes de sable. Juste un bel engrais vert qui offre un fourrage d’appoint, une protection de sol, une fourniture en azote ou en matière organique pour la culture suivante, et permet une meilleure rétention et la rentabilisation du fumier d’automne… Les raisons ne manquent pas!

Aide financière

Vous pourriez bénéficier d’une aide financière du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec lors de l’implantation de superficies d’au moins 10 ha. Cette subvention allant de 52,50 $ à 67,50 $/ha couvre le coût des mélanges les plus économiques.

Philippe Jetten, agr., conseiller en grandes cultures, Duraclub