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Les lésions de dermatite digitale peuvent être classifiées en cinq stades. Celles de stade M1 mesurent moins de 4 cm de diamètre, tandis que celles de stade M2 font plus de 4 cm et sont souvent douloureuses. Au stade M3, une gale se forme et la guérison suit son cours. Au stade M4, les lésions deviennent chroniques, mais c’est seulement au stade M4.1 que les tréponèmes sortent de leur cachette et remontent à la surface afin de créer une nouvelle lésion active. Photo : Photos : Gracieuseté de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal

Les lésions de dermatite digitale peuvent être classifiées en cinq stades. Celles de stade M1 mesurent moins de 4 cm de diamètre, tandis que celles de stade M2 font plus de 4 cm et sont souvent douloureuses. Au stade M3, une gale se forme et la guérison suit son cours. Au stade M4, les lésions deviennent chroniques, mais c’est seulement au stade M4.1 que les tréponèmes sortent de leur cachette et remontent à la surface afin de créer une nouvelle lésion active. Photo : Photos : Gracieuseté de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal

La dermatite digitale, pas une maladie à prendre à la légère

La plupart d’entre vous ont sûrement déjà entendu parler de la dermatite digitale, souvent appelée piétin d’Italie. Il s’agit d’une maladie infectieuse et très contagieuse touchant les onglons et qui est présente dans plus de 94 % des troupeaux laitiers québécois.

Les lésions de dermatite peuvent être classifiées en cinq stades, dit stades de « M », pour Mortellaro, le chercheur ayant découvert la dermatite digitale. Tout cela n’est probablement pas nouveau pour vous, mais saviez-vous que plus de 10 bactéries sont impliquées dans les infections de dermatites digitales? Les tréponèmes sont la principale espèce, mais la population bactérienne variera selon le stade de la maladie. Les lésions de stade M2, lésions dites aiguës et souvent douloureuses, se composent majoritairement d’une combinaison de quatre espèces de tréponèmes.

Un stade incurable

Les traitements ne doivent pas seulement être efficaces contre une espèce, mais bien quatre espèces de bactéries. Il existe aussi un stade où les lésions sont dites chroniques, soit M4. À ce stade, il n’y a plus de lésion active rouge et douloureuse.
La peau est épaissie comme une cicatrice indiquant une lésion antérieure. Elle est aussi noirâtre, irrégulière, similaire à des verrues. Ces lésions ont l’air guéries et on pourrait croire que la vache est saine. Cependant, ce n’est pas le cas!

La dermatite digitale est incurable une fois le stade chronique atteint. Les tréponèmes ne sont plus à la surface puisque la lésion est guérie. Ils se sont réfugiés dans la peau en profondeur, rendant leur éradication impossible sans blesser sérieusement la patte. Il est donc possible qu’un jour, les tréponèmes sortent de leur cachette et remontent à la surface afin de créer une nouvelle lésion active de type M2. C’est pourquoi il faut être conscient que la dermatite n’est pas une maladie à prendre à la légère et que ce n’est pas seulement une lésion qui ressemble à une fraise disparaissant après un seul traitement.

L’importance de la prévention

Il existe des traitements et des moyens de prévenir cette maladie dans vos troupeaux. La dermatite digitale se transmet entre autres par un contact avec le sol humide. Par exemple, lorsqu’une vache ayant une lésion dépose sa patte, la lésion va toucher le sol, y laissant des tréponèmes qui peuvent survivre dans les fèces et l’humidité. Une vache saine pourrait être infectée par ces bactéries. Ainsi, l’hygiène du sol et des pattes est très importante. En gardant les planchers et les logettes propres, vous avez une incidence directe sur la transmission.

Des projets de recherche sur cette maladie sont en cours à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal afin de vous aider à mieux la prévenir et la gérer. Restez à l’affût; nous aurons besoin de votre participation en grand nombre! 

 

Gabrielle Després

Dr André Desrochers, M.V.

Marianne Villettaz Robichaud, Agr. PhD

Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal