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Au Québec, la coccidiose ovine affecte principalement les agneaux des exploitations ovines intensives. Photo : Gracieuseté de l’OMVQ

Au Québec, la coccidiose ovine affecte principalement les agneaux des exploitations ovines intensives. Photo : Gracieuseté de l’OMVQ

La coccidiose ovine : une menace fréquente dans l’élevage d’agneaux

La coccidiose ovine est une parasitose du tractus digestif causée par les protozoaires du genre Eimeria spp. Elle correspond à une pathologie complexe, endémique et opportuniste. Au Québec, elle affecte principalement les agneaux des exploitations ovines intensives. Cette maladie résulte communément de la présence de différentes espèces d’Eimeria et se transmet d’animal en animal par voie féco-orale.

Les animaux s’infectent en ingérant des ookystes, soit la forme infectieuse du parasite, présents dans l’eau, la nourriture ou le sol contaminés par les fèces d’animaux infectés. Après plusieurs stades de vie et étapes de reproduction asexuée et sexuée, des mérozoïtes et des gamètes sont produits au sein des cellules intestinales et, à la sortie de celles-ci, entraînent la destruction de la paroi intestinale des agneaux, continuant la propagation d’ookystes et entraînant la diarrhée chez les animaux.

Le niveau d’exposition environnementale aux ookystes et l’immunité de l’animal influencent le développement de l’infection. L’âge, le stress, la susceptibilité génétique et la nutrition sont des facteurs qui vont venir jouer sur l’immunité de l’animal. Le diagnostic de la coccidiose clinique ovine s’appuie sur l’apparition de ces signes cliniques fortement suggestifs, tels que la production soudaine de selles molles ou de diarrhée chez les agneaux, accompagnés d’un état de détresse générale.

La prévention avant tout

La prévention demeure la meilleure manière de contrôler la coccidiose ovine. Un plan intégré de contrôle comprenant l’établissement de bonnes mesures d’hygiène, un apport alimentaire adéquat et la réduction des multiples facteurs prédisposants, tels qu’une grande densité d’animaux, le transport et le sevrage précoce des jeunes animaux ainsi que l’élevage intensif, est à préconiser. Puisque les ookystes sont très résistants et peuvent être transportés par le personnel et par les nouveaux animaux au troupeau, il faut mettre en place plusieurs mesures de biosécurité comme le contrôle du trafic des animaux et des humains entre les fermes et à l’intérieur de la ferme. La contamination du milieu peut être limitée par le nettoyage et la désinfection régulière des bâtiments et de l’équipement. Un environnement sec, ensoleillé et ventilé contribue aussi à minimiser la contamination de l’environnement.

En alternative, l’utilisation d’anticoccidiens peut également permettre de contrôler cette parasitose. Ces agents thérapeutiques sont répartis en deux catégories : les coccidiostatiques et les coccidicides, qui préviennent la croissance et tuent les coccidies respectivement. Cependant, l’émergence de souches résistantes à ces médicaments contre la coccidiose ovine menace leur efficacité.

En somme, afin d’éviter que cette parasitose ne compromette l’industrie ovine en plein essor au Québec, le développement d’un plan intégré visant à contrôler cette maladie infectieuse des agneaux est plus qu’essentiel.

Deux formes

Il existe deux formes de coccidiose ovine : clinique et sous-clinique. La forme sous-clinique est associée à une baisse de l’appétit, à un faible taux de conversion alimentaire, à une faible croissance et à un faible gain de poids, tandis que la forme clinique est associée à de la diarrhée (sanglante ou mucoïde), à des douleurs abdominales, à de la déshydratation, à de l’anorexie et parfois à la mort.

Anne-Marie Berthiaume, étudiante à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal, campus Saint-Hyacinthe

Dr Pablo Godoy, m.v., M. Sc., Ph. D., professeur adjoint en parasitologie vétérinaire, Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal