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Échographie de jumeaux à 35 jours. Photo : Gracieuseté du Dr Beausoleil Lauzon

Échographie de jumeaux à 35 jours. Photo : Gracieuseté du Dr Beausoleil Lauzon

Gestation de jumeaux en production laitière (2e partie)

Lors de la première partie de cet article (publiée le 2 septembre), il a été question des nombreuses conséquences négatives d’une gestation de jumeaux ainsi que des risques accrus qui sont encourus lorsque les jumeaux se trouvent dans la même corne utérine (gestation de jumeaux unilatérale).

Particulièrement lors de gestations gémellaires unilatérales, certains producteurs choisissent de donner un produit abortif mettant fin à la gestation. Le temps perdu, le risque de ne pas concevoir de nouveau et le risque de concevoir d’une autre gestation gémellaire font de cette option une pratique à considérer seulement dans des circonstances bien particulières.    

De l’information à l’action

Une fois qu’on sait qu’une vache porte des jumeaux, il est important de consigner cette information et d’établir un plan de suivi et une régie adaptée aux circonstances.

Que ce soit à l’aide de l’informatique ou de notes sur papier, il faut que cette information se traduise en actions pour minimiser les risques associés aux jumeaux.

Une autre option citée dans la littérature vétérinaire, quoique relativement peu pratiquée, est de faire une réduction d’un des embryons lors d’un stade précoce de gestation (30 à 35 jours). Bien que la réduction d’un des embryons augmente le risque de perdre l’autre embryon, la réussite de cette manipulation permet d’éliminer les inconvénients liés à la présence de jumeaux sans perdre de temps. De récentes recherches semblent démontrer un gain économique à la réduction d’un jumeau lors de certaines circonstances. Cette approche est par contre très délicate à réaliser et la fenêtre d’intervention est assez restreinte.

Suivi de la gestation

À la suite d’un diagnostic de gestation gémellaire, la décision la plus fréquente est de ne rien faire, du moins à ce moment. L’information devrait par contre être notée afin de bien suivre la vache tout au long de sa gestation. Les gestations gémellaires unilatérales devraient être notées comme telles. En effet, en plus d’un taux de ­mortalité embryonnaire pouvant atteindre 35 % entre 30 et 90 jours, une étude mentionne un taux d’avortement pouvant atteindre 40 % pour les gestations gémellaires unilatérales (gestation confirmée à 60 jours et fœtus expulsé avant 260 jours).

La majorité des mortalités embryonnaires surviennent avant 60 jours et un deuxième test de gestation peu après cette période est d’autant plus important lors de gestations gémellaires. Un autre examen peut également être recommandé après 3 ou 4 mois selon la condition de la gestation et la facilité de suivi des signes externes de la vache. Tous les signes de chaleur ou écoulements douteux devraient inciter à reconfirmer la gestation.

Il n’existe malheureusement pas de produits ni de régie miracle empêchant les complications potentielles de jumeaux. Si un détail peut nuire au bien-être d’une vache, ce détail aura encore plus d’importance pour une vache gestante de jumeaux. L’attention et les soins portés à ces vaches devraient être redoublés tout au long de la gestation. La condition de chair, l’état des pieds et des membres, les stress thermiques, les confrontations hiérarchiques et tout événement de santé devraient être considérés avec encore plus d’attention pour ces vaches.

Et puisque la longueur moyenne des gestations est plus courte lors de ­gestations gémellaires, un tarissement et une préparation plus hâtifs sont à ­préconiser. 

Dr Beausoleil Lauzon, m.v., collaboration spéciale


Relisez le premier article sur la gestation de jumeaux en production laitière