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Une bonne ingestion de fourrage est la clé pour un départ en lactation réussi. Photo : Gracieuseté de Caroline Brunelle

Une bonne ingestion de fourrage est la clé pour un départ en lactation réussi. Photo : Gracieuseté de Caroline Brunelle

En production laitière caprine, une lactation, ça se prépare

Le tarissement est souvent perçu comme étant la fin du cycle de production de la chèvre. Cette perception est toutefois erronée, car la façon dont il est régi influence grandement les performances de la lactation suivante.

Le tarissement est un acte essentiel pour être en mesure de régénérer la glande mammaire et de guérir les infections intramammaires présentes. Il prépare également la glande mammaire au démarrage de la prochaine lactation dans de bonnes conditions.

Le tarissement correspond aux deux derniers mois de gestation. Pendant cette période, les besoins liés à la gestation deviennent élevés et ne doivent pas rivaliser avec ceux de la production laitière. Cela est d’autant plus important que la capacité d’ingestion est limitée à cette période-là. En effet, le volume croissant occupé par l’utérus diminue le volume disponible dans le rumen. Une durée de tarissement de 60 jours se justifie par la croissance rapide des fœtus en fin de gestation et la nécessité de disposer d’un temps suffisant pour préparer la glande mammaire à la lactation suivante.

Par conséquent, retarder le moment du tarissement, c’est se mettre dans une situation où production et ­gestation sont en compétition, avec une possibilité d’involution et de régénération du tissu mammaire plus limitée.

Préparer le démarrage de la lactation suivante

Il faut à tout prix éviter la mobilisation des réserves corporelles. Pour ce faire, il est important de préserver une bonne capacité d’ingestion par la distribution de fourrage appétent et de très bonne qualité. Cela permettra au rumen de conserver un volume suffisant pour favoriser l’ingestion en début de lactation tout en promouvant une meilleure production laitière.

Pour favoriser l’ingestion de fourrage par les chèvres, il est possible d’agir à cinq niveaux :

  • Les fourrages : En servant des fourrages jeunes, appétents et bien conservés;
  • La ration : En servant une ration équilibrée qui intègre une quantité adéquate de concentrés;
  • La distribution : En distribuant les fourrages à volonté, en augmentant le nombre de repas par jour et en enlevant les aliments refusés tous les jours;
  • Le troupeau : En maintenant un bon état corporel des chèvres;
  • Les bâtiments : En permettant un accès facile à la mangeoire et aux abreuvoirs, en prévoyant un espace mangeoire suffisant et en veillant au confort des animaux (litière, éclairage, ventilation et autres).

Le dernier mois de gestation est propice à la ­réalisation d’une transition alimentaire avec la ration de lactation. Les aliments qui seront distribués en début de lactation devraient être introduits progressivement sur une période variant de trois à quatre semaines. Il faut veiller à augmenter les apports protéiques pour assurer de bonnes performances laitières par la suite. 

Le tarissement en trois points

Le tarissement représente une étape cruciale du cycle de production de la chèvre. Il est essentiel de se rappeler que chaque troupeau est unique et doit donc être régi de façon distincte. La génétique, le confort et les aliments disponibles sont déterminants en vue de la préparation de la mise bas des chèvres.

Caroline Brunelle, agr., conseillère provinciale en production laitière caprine et ovine, Lactanet

Texte réalisé en collaboration avec l’Ordre des agronomes du Québec. Les propos exprimés dans le texte relèvent toutefois de l’auteur et n’engagent pas l’Ordre.