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Un rucher en production dans la région de Chaudière-Appalaches. Photo : Gracieuseté du CRSAD

Un rucher en production dans la région de Chaudière-Appalaches. Photo : Gracieuseté du CRSAD

ApiProtection, une application pour la protection des pollinisateurs

C’est 90 % des apiculteurs professionnels des régions de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches qui ont pris part au projet pilote mené par le Centre de recherche en sciences animales de Deschambault (CRSAD) en collaboration avec les directions régionales respectives du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec.

Pour arriver à ce taux de participation, nous avons communiqué avec chacun des apiculteurs possédant plus de 35 ruches pour leur expliquer en quoi l’application ApiProtection pourrait leur être utile. Cette démarche a permis de géolocaliser plus de 650 ruchers. Une fois les ruchers géolocalisés, cela a permis aux 45 agronomes inscrits à l’application d’avoir en main tous les outils pour informer les apiculteurs des traitements phytosanitaires à proximité de leurs ruchers. Ainsi, d’un seul clic, les agronomes peuvent communiquer avec les apiculteurs dont les ruchers se trouvent près d’un champ où une pulvérisation est planifiée.

La protection des pollinisateurs est une priorité pour tous. En sachant qu’il y a de nombreux ruchers dans un secteur, il est possible de collaborer au maintien des populations de pollinisateurs en leur fournissant notamment des sites de butinage et des sources d’eau de qualité. Déjà, plusieurs agriculteurs de ces régions ont fait l’aménagement de bandes riveraines diversifiées, d’îlots fleuris, de brise-vent et même d’étangs.

Mode d’emploi

Grâce à l’application ApiProtection, votre conseiller peut facilement consulter l’emplacement des ruchers. Avec l’autorisation de l’apiculteur, une entente entre le conseiller, le producteur et l’apiculteur pourra être prise afin que celui-ci soit avisé s’il y a des applications de pesticides (particulièrement les insecticides) prévues dans ce secteur. Cette application est disponible depuis le printemps 2018 pour les régions de la Chaudière-Appalaches et de la Capitale-Nationale. Mais elle est également accessible pour toutes les autres régions du Québec. Parlez-en avec votre conseiller d’ApiProtection. Celui-ci peut y accéder, en utilisant le navigateur Web Google Chrome. Il n’a qu’à entrer l’adresse suivante, sans www, dans la barre d’adresse du navigateur : apiprotection.crsad.qc.ca pour atteindre la page d’accueil où il pourra faire une demande d’adhésion. Le service est gratuit.

Comment protéger les abeilles?

La communication ouverte entre apiculteurs et producteurs est la première bonne pratique à adopter pour protéger les pollinisateurs, mais il y en a d’autres.

  • Pratiquez la lutte intégrée : des programmes existent pour plusieurs cultures et des seuils d’intervention ont été déterminés pour de nombreux ravageurs des cultures.
  • Informez vos employés : si les applications d’insecticides sont faites par des employés ou du personnel à forfait, assurez-vous que ces derniers comprennent bien l’importance de protéger les abeilles et informez-les sur les ruches qui pourraient être affectées à proximité.
  • Communiquez avec l’apiculteur concerné bien avant l’application d’un insecticide, de sorte qu’il pourra, si possible, relocaliser ses ruches ou les protéger.
  • Choisissez judicieusement l’insecticide à appliquer, si nécessaire. Consultez SAgE pesticides et choisissez un produit à faible risque pour les abeilles et les autres pollinisateurs.
  • Évitez les heures de butinage des abeilles. Si des pesticides sont requis, appliquez-les avant 7 h ou après 19 h environ, selon la longueur du jour en juin et juillet, et selon la région.
  • Évitez la période de floraison de la culture alors que les abeilles sont abondantes.
  • Respectez les règles d’usage d’application d’un pesticide. Lisez bien l’étiquette du produit et effectuez le réglage du pulvérisateur.
  • Évitez les risques de dérive du produit et ­installez des déflecteurs sur votre semoir pneumatique. 

Ce projet a été financé par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, dans le cadre du programme Prime-Vert.

Nicolas Tremblay, agr., conseiller apicole provincial au Centre de recherche en sciences animales de Deschambault