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Le petit coléoptère de la ruche se reproduit rapidement et cause des dommages considérables dans les ruches faibles ou malades. Photo : Gracieuseté de Martine Bernier

Le petit coléoptère de la ruche se reproduit rapidement et cause des dommages considérables dans les ruches faibles ou malades. Photo : Gracieuseté de Martine Bernier

Adapter les pratiques apicoles pour contrer le petit coléoptère de la ruche

À l’été 2020, l’introduction non autorisée de plus de 600 nucléi d’abeilles possiblement infestés par le petit coléoptère de la ruche (PCR) a donné des sueurs froides à l’ensemble des apiculteurs du Québec.

Depuis les 12 dernières années, cet insecte ravageur des colonies d’abeilles était présent de façon sporadique dans certains ruchers situés près de la frontière américaine, mais était efficacement contrôlé par la surveillance et les mesures sanitaires mises en place par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ). Il est maintenant disséminé sur l’ensemble du territoire, ce qui va inévitablement amener les apiculteurs à modifier certaines de leurs pratiques afin de limiter les dégâts.

L’abeille domestique possède plusieurs défenses naturelles contre le PCR. Elle peut ainsi tenter de piquer, de repousser ou d’emprisonner les adultes ainsi que de retirer les larves. Le rôle de l’apiculteur consiste à mettre en place les conditions gagnantes pour permettre aux abeilles de se défendre efficacement, en particulier dans la colonie.

Tout d’abord, les colonies doivent être maintenues populeuses et en santé et l’espace occupé par les abeilles dans la ruche doit être optimal afin qu’elles soient en nombre suffisant pour patrouiller tous les espaces disponibles. Des cadres ou des hausses inoccupés par les abeilles, surtout s’ils contiennent du pollen et du miel, seront un endroit de prédilection pour la reproduction du PCR. Il faut s’occuper immédiatement de toutes les colonies faibles, orphelines, bourdonneuses ou mortes, soit en les fusionnant avec d’autres colonies, soit en les retirant du rucher.

Le matériel composant les ruches doit aussi être en bon état, puisque chaque interstice ou crevasse peut permettre au PCR de se cacher et d’être inaccessible aux abeilles. La pose de pièges dans les colonies est également une bonne pratique à adopter et sert à la fois de dépistage et de mesure de contrôle. Les colonies, les nucléi ou les paquets d’abeilles achetés doivent provenir de sources fiables et avoir été inspectés par les autorités appropriées.

À la miellerie

À la miellerie, il faut appliquer de bonnes pratiques d’hygiène et de salubrité et faire une gestion optimale des hausses à miel. Les hausses à miel récoltées au champ doivent être immédiatement placées dans la chambre de conditionnement à une humidité relative sous 50 % ou congelées en attendant de pouvoir être conditionnées et extraites. Les œufs de PCR, qui sont sensibles au froid et à la sécheresse, vont mourir sans éclore dans ces conditions.

Après l’extraction, la cire des opercules doit être immédiatement nettoyée et fondue. Sinon, elle doit être congelée ou maintenue dans un endroit sec. Tout matériel apicole doit être entreposé à l’intérieur, dans un endroit étanche, inaccessible aux abeilles et aux petits coléoptères.

Au Québec, tout comme dans le nord des États-Unis, la courte saison apicole et les longs hivers vont probablement ­limiter la reproduction du petit coléoptère de la ruche et ralentir sa propagation. Tel qu’on l’a vu aux États-Unis et en Ontario, une vigilance accrue et l’adoption de pratiques exemplaires sont la clef afin de maintenir les populations de PCR sous les seuils de dommages économiques. 

Des larves dommageables

Les principaux dommages du PCR dans les colonies d’abeilles sont causés par les larves lorsqu’elles s’alimentent de miel et de pollen. Leurs déjections contaminent les produits de la ruche, et les levures qu’elles contiennent font fermenter le miel. Originaire d’Afrique du Sud, le coléoptère adulte est également capable de survivre à l’hiver québécois à l’intérieur de la ruche.

Martine Bernier, agr., M. Sc., collaboration spéciale