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Les agriculteurs peuvent mettre en place plusieurs actions pour surmonter une crise comme celle de la COVID-19. Photo : Archives/TCN

Les agriculteurs peuvent mettre en place plusieurs actions pour surmonter une crise comme celle de la COVID-19. Photo : Archives/TCN

10 actions pour mieux se préparer à une crise

L’agriculture du Québec a survécu à plusieurs crises occasionnées par des problèmes de climat, de prix, de marchés, de maladies de productions, de relations humaines et syndicales, d’environnement, de mondialisation, etc.

La pandémie actuelle de COVID-19 n’avait pas été prévue ou même imaginée; elle combine simultanément plusieurs éléments qui ont des impacts financiers à différents niveaux dans plusieurs fermes. La probabilité d’autres crises futures est réelle, d’où l’importance de s’y préparer pour en tirer avantage.

Constats financiers sur l’agriculture

Avant la pandémie, l’endettement était déjà très élevé en raison des investissements majeurs, de la valeur importante des actifs (terres, quotas, immobilisations, équipements) et des dépenses occasionnées par la mise à niveau concernant le bien-être animal. Les marges brutes sont de plus en plus restreintes. L’efficacité en relation avec les investissements n’est pas au rendez-vous comme budgété ou prévu. La capacité de remboursement est de plus en plus faible, parfois même négative. De plus en plus de demandes d’arrêts de paiements en capital sont faites pour soutenir certaines entreprises. Les systèmes d’information, de ­gestion et de décision sont à optimiser davantage.

Actions nécessaires

  • Prendre du temps pour réfléchir périodiquement à la santé financière de sa ferme, sa rentabilité, son efficacité, son orientation et sa pérennité. Une pause physique est rentable.
  • Savoir s’entourer de professionnels pour aider à la comptabilité, à la gestion financière et de production de l’entreprise, etc.  Un agriculteur doit être près de ses chiffres, mais ne peut pas tout faire seul.
  • Prévoir des normes sanitaires exemplaires pour sécuriser ses productions, la commercialisation et la sécurité humaine.
  • S’approprier les technologies numériques pour gérer ses données en utilisation en direct et explorer la possibilité de ventes sur le Web. Un accroissement de la compétitivité et de la croissance est prévisible avec ces nouvelles technologies.
  • Faire un plan global pour sa ferme à moyen et long terme avec des budgets conservateurs, réalistes et rentables.
  • Obtenir et connaître la bonne information de sa comptabilité d’exercice. La mise à jour se doit d’être rapide. Un producteur agricole doit connaître ses coûts et ses revenus.
  • Mettre en place un suivi par des échanges constants avec les spécialistes. La formation d’une équipe consultative est une option. Avoir plusieurs points de vue peut aider.
  • Agir rapidement pour les décisions à court terme. Prioriser le fonds de roulement. Ne pas remettre ces décisions à demain.
  • Éviter les décisions émotives et avoir le courage de vendre des actifs improductifs ou excédentaires afin de permettre d’améliorer la rentabilité et le bilan de la ferme.
  • Penser en termes d’affaires permet de prioriser la rentabilité. C’est le secret de l’autonomie.

L’agriculture de toute la planète devra affronter d’autres crises potentiellement importantes comme celle-ci. Nos entrepreneurs agricoles québécois peuvent tirer avantage de cette nouvelle menace par une bonne préparation et une bonne planification. Les compétences et connaissances de l’agronome sont appropriées pour aider à gérer ces risques en équipe avec les producteurs agricoles.

Luc Béland, agr., directeur de District Québec à la Banque TD