Une dizaine d’activistes se sont rassemblés devant l’Abattoir Ducharme pour protester contre toute forme d’exploitation animale. Crédit photo : Rosalie Dion/TCN

Une dizaine d’activistes se sont rassemblés devant l’Abattoir Ducharme pour protester contre toute forme d’exploitation animale. Crédit photo : Rosalie Dion/TCN

Nouvelle manifestation contre « l’exploitation animale »

SAINT-ALPHONSE-DE-GRANBY — Une dizaine de militants se sont donné rendez-vous lundi matin pour une vigile près des installations de F. Ménard, à Ange-Gardien, et de l’Abattoir Ducharme, à Saint-Alphonse-de-Granby, pour dénoncer toute forme d’exploitation animale.

« Arrêtez de tuer les animaux » ou « Laissez-moi vivre », pouvait-on lire sur les affiches des participants pacifiques, peu bruyants et par moments silencieux. Plusieurs pancartes étaient accompagnées de photos de porcelets ou encore de lapins, alors que ces derniers petits animaux devraient bientôt s’ajouter aux activités de l’Abattoir Ducharme, déjà spécialisé dans les volailles.

Les activistes du Mouvement de libération contre l’exploitation animale s’affichent contre le « spécisme », un concept plaçant l’espèce humaine devant toutes les autres. « Pourquoi c’est correct de faire mal à un porc, mais pas à un humain? » s’interroge Jean-Christophe Pagé, l’un des membres du groupe.

L’organisation, qui en est à sa deuxième visite devant les installations de l’Abattoir Ducharme et de F. Ménard à Ange-Gardien, dit avoir orchestré une centaine de vigiles depuis cinq ans à travers le Québec. Le Mouvement espère attirer ainsi l’attention du public sur ses objectifs, visant à bannir autant le commerce de la viande que celui de la fourrure ou de la laine d’animaux.

« On veut provoquer une discussion avec les consommateurs. Les animaux sont tellement “objectisés”. Ils sont [considérés] comme une paire de souliers ou un téléphone. On ne réalise même pas que le petit paquet de poulet à l’épicerie, c’était un animal vivant il y a quelques jours », soutient Josée Robert, activiste et infirmière de profession.

« Et pourtant, il n’y a pas de différence entre ces animaux-là et nos chiens et chats », renchérit Jude Arsenault, l’organisateur principal de la manifestation.

Une « perte de temps »

S’il ne considère pas la présence des manifestants comme « dérangeante pour le moment », le propriétaire de l’Abattoir Ducharme, Alexandre D’Amours, a toutefois tenu à alerter la police et ses employés de la tenue de l’événement.

« On a demandé à nos employés de ne pas entrer dans leur jeu. On essaie juste [de faire en sorte que les manifestants] ne viennent pas filmer ou prendre de photos à l’intérieur », informe-t-il. Lors du passage de La Terre sur les lieux, les militants sont restés en rang d’oignon au bord de la route. De plus, aucune présence policière n’a été signalée.

Quoi qu’il en soit, M. D’Amours estime que ce genre d’action est « une perte de temps ». « Selon moi, c’est vivre et laisser vivre. Eux, s’ils veulent vivre sans viande, c’est leur choix. Mais qu’ils laissent les autres tranquilles avec ça. Nous, on ne va pas faire de piquetage sur leurs terrains privés. Ils devraient faire autre chose de leur temps », dit l’entrepreneur.

Par l’entremise de ses manifestations et messages sur les réseaux sociaux, le mouvement espère changer les mentalités. « On ne veut pas [s’en prendre] aux emplois de l’industrie, mais la production doit changer pour favoriser une alimentation plus végétale. Tout le monde va avoir un emploi; ça va juste être différent », croit Josée Robert.

« Chacun sa pensée, mais je pense que c’est rêver de croire que tous les abattoirs vont fermer pour faire un virage vers le commerce végétal », rétorque M. D’Amours.

Appelée à réagir à la vigile, l’entreprise F. Ménard n’a pas souhaité faire de commentaires.

Le Mouvement de libération contre l’exploitation animale prévoit se rendre sur la colline parlementaire à Ottawa, le 14 juillet, afin de réclamer l’arrêt des subventions aux producteurs. La prochaine vigile du groupe anti-spécisme aura lieu le 22 juillet au Zoo de Granby.