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Le Québec détient une expertise en production de chanvre, notamment dans le Bas-Saint-Laurent. PHOTO : Archives/TCN

Le Québec détient une expertise en production de chanvre, notamment dans le Bas-Saint-Laurent. PHOTO : Archives/TCN

Marijuana: se tailler une place avec le chanvre

Le chanvre est une plante de la même famille que la marijuana, mais dont la production réglementée est déjà légale. On peut donc avoir une idée approximative des techniques de production de la marijuana en observant ce qui se passe du côté du chanvre.  

« Le chanvre est une bonne opportunité au Québec et ce sera facile de faire la transition vers la marijuana », estime Colin Dolan, ancien producteur désigné de marijuana thérapeutique de Wakefield, qui n’est cependant pas optimiste quant à un assouplissement des règles pour la production de marijuana à court terme. Il projette donc de produire du jus de chanvre, qui est très nutritif, et des cœurs de chanvre, soit des graines non décortiquées.

L’ancien cultivateur de marijuana thérapeutique évalue de son côté le coût de production des petits producteurs autour de 0,40 $/g. Il dénonce lui aussi le « gros modèle pharmaceutique » qui semble vouloir se mettre en place pour la marijuana.

L’expertise québécoise pour le chanvre se raffine avec les années. Le Centre de référence en agriculture et en agroalimentaire du Québec (CRAAQ) a d’ailleurs publié en 2016 un budget de production du chanvre biologique et démontré qu’il était possible de dégager des marges intéressantes dans le marché actuel. Le CRAAQ précise néanmoins que la production de graines représente un certain risque, notamment du côté du conditionnement du produit. Le CRAAQ estimait la production des entreprises techniquement et économiquement efficaces à 1 tonne de graines de chanvre par hectare. Reste maintenant à savoir quelle quantité de cocottes cela pourrait bien faire par hectare…

Santé Canada prépare la légalisation

En mai dernier, Santé Canada a décidé d’allouer des ressources pour simplifier la délivrance des licences, de permettre aux 50 producteurs de marijuana médicale du pays de gérer leur production et de simplifier les démarches d’agrandissement des installations de ceux qui ont un bon dossier. La porte-parole du seul producteur de marijuana autorisé au Québec, Julie Beun, d’Hydropothecary, résume : « Santé Canada nous a accordé une licence qui nous permet de produire autant de cannabis que nous pouvons en stocker et supprime toutes les limites annuelles de vente de marijuana, d’huile, de plants et de graines séchées ». Un signal clair « en vue d’accélérer l’expansion de l’industrie avant la légalisation du 1er juillet 2018 », selon elle. Le gouvernement abonde dans le même sens. « Si jamais le projet de loi sur le cannabis était adopté par le Parlement et entrait en vigueur, ces mesures aideraient à assurer la disponibilité de la marijuana légale, de qualité contrôlée », explique la porte-parole du ministère de la Santé, Tammy Jarbeau. M.L.