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Les propriétaires de la Ferme d’Achille, Samuel St-Germain et Carolyne Julien, entourés de leur fille Marion (9 ans) et de leurs fils Éliot (14 ans) et Isaac (13 ans). Photo : Emilie Nault-Simard

Les propriétaires de la Ferme d’Achille, Samuel St-Germain et Carolyne Julien, entourés de leur fille Marion (9 ans) et de leurs fils Éliot (14 ans) et Isaac (13 ans). Photo : Emilie Nault-Simard

Unis autour d’une nouvelle culture

SAINT-UBALDE – Lorsqu’ils se sont rencontrés au tournant des années 2000, Carolyne Julien et Samuel St-Germain, tous deux natifs de Portneuf, étaient loin de se douter qu’ils deviendraient propriétaires d’une ferme fruitière où ils cultiveraient des baies d’argousier. Ils ont développé toute une gamme de produits alimentaires en même temps de gérer un service de traiteur… et d’être parents de trois enfants!

L’idée « cool » d’une argouseraie s’est dessinée dans la tête de Carolyne Julien et Samuel St-Germain il y a une quinzaine d’années. Le couple vivait à Québec où Samuel étudiait en technologie forestière et Carolyne travaillait en cuisine d’établissement. Un petit fruit méconnu a alors capté leur attention : l’argouse, consommée depuis longtemps ailleurs, comme en Allemagne.

Un an plus tard, en 2004, ils ont acheté une terre de 27 hectares, voisine des parents de Samuel, dans le rang Achille, à Saint-Ubalde. « Ce qui nous a frappés au début, c’est que les gens recherchaient la baie d’argousier pour faire de l’huile, du cosmétique, et le fruit n’était bon qu’à jeter », raconte Carolyne. Les sous-­produits alimentaires d’argousier québécois étant pratiquement inexistants, les nouveaux producteurs ont décidé de s’orienter vers ce créneau.

En 2019, trois tonnes et demie de baies d’argousier ont été récoltées à la ferme.

En 2019, trois tonnes et demie de baies d’argousier ont été récoltées à la ferme.

Une bonne équipe

Ils font la paire, autant à la maison qu’à la ferme, et comme entrepreneurs. « On travaille bien ensemble », pense Samuel.

L’été, leurs ados travaillent avec eux. « Ils vont tondre les champs ou viennent récolter, détaille Carolyne. Éliot vient embouteiller et Isaac fait beaucoup les marchés publics. » Leurs enfants ont appris rapidement à être « autonomes ». « Ils sont habitués de nous voir travailler, précise Carolyne. Ils ont toujours été avec nous autres, déjà très petits, dans le sac à dos, pendant que je faisais la vaisselle de méchoui. »

Car les parents jumellent leur travail de producteur à celui de traiteur, mais cette facette a été mise en veilleuse en raison de la COVID-19.

Aujourd’hui, leur verger compte six mille plants, mais Samuel voit plus grand. Faire connaître ce fruit nordique, le mettre en marché, « c’est le nerf de la guerre », pense-t-il, soulignant qu’année après année, leur boisson à l’argousier, l’Argouille, est de plus en plus présente sur les tablettes du Québec.

Une entreprise durable

Chaque mois, 300 kg de fruits sont transformés à la ferme. « L’idée de départ, c’était de faire un cercle et de ne rien laisser derrière, explique Carolyne. Chaque fois qu’on avait un résidu, on se demandait : qu’est-ce qu’on fait avec ça? » Avec créativité et passion, ils ont réussi. « On utilise tout », lance Samuel. Le jus extrait est surtout utilisé pour l’Argouille, la pulpe est déshydratée, les pépins transformés en huile et farine, puis les feuilles en tisane. Non seulement ils optimisent les ressources, mais leur ferme est implantée selon des méthodes d’agriculture saine et biologique, réduisant l’empreinte environnementale.

Émilie Nault-Simard, collaboration spéciale

https://www.desjardins.com/