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Andrée Bastille et Dominique Gamache exploitent 2500 érables à Sainte-Perpétue, dans la Chaudière-Appalaches. Photo : Maurice Gagnon

Andrée Bastille et Dominique Gamache exploitent 2500 érables à Sainte-Perpétue, dans la Chaudière-Appalaches. Photo : Maurice Gagnon

Une tradition familiale qui se perpétue

SAINTE-PERPÉTUE – Depuis qu’il a pris les commandes de l’érablière en 1986, Dominique Gamache poursuit une tradition familiale en place depuis 90 ans. Pour lui, comme il en était pour son père Michel et son grand-père Joachim, la qualité du produit et le respect de la nature sont d’une importance capitale.

En 1931, lorsque Joachim Gamache, de Saint-Pamphile, achète une érablière d’environ 12 hectares dans le rang Brise-Culotte de Sainte-Perpétue, le nombre d’entailles dépasse à peine quelques centaines. Dominique raconte que le premier bâtiment construit sur le site servait à la fois de campement, de cabane, de hangar à bois et d’écurie. On y retrouvait déjà un petit évaporateur.

« Jusqu’au début des années 1960, on ne transformait pas l’eau d’érable en sirop comme aujourd’hui, mais en bloc de sucre dur pour des raisons de conservation », décrit-il. Ces blocs étaient placés dans des sacs de jute pour être vendus. L’arrivée de la compagnie Citadelle les a incités à mettre fin à cette production de sucre dur pour se tourner vers le sirop d’érable en barils.

En 1951, Joachim vend son érablière à ses fils Michel et Antoine. L’érablière passe progressivement de 500 à 1200 érables entaillés, ce qui nécessite un plus grand évaporateur. « Mon oncle Antoine n’avait pas beaucoup de temps à consacrer à l’entreprise et il a vendu ses parts à mon père en 1969 », souligne Dominique. Après le décès de sa 1re épouse en 1977, Michel peut compter sur l’aide précieuse de sa sœur Elmire, qui vient lui donner un coup de main chaque printemps.

En 1979, Michel et son fils Dominique remplacent les chaudières traditionnelles par un système de tubulures. L’érablière grimpe à 2 000 entailles et on remplace à nouveau l’évaporateur. Quatre producteurs s’unissent alors pour faire monter l’électricité dans le rang.

Un bon dîner en plein air pour marquer les 50 ans comme acériculteur de Michel Gamache. Photo : Gracieuseté de Dominique Gamache

Un bon dîner en plein air pour marquer les 50 ans comme acériculteur de Michel Gamache. Photo : Gracieuseté de Dominique Gamache

Caractère artisanal conservé

En 1986, Dominique fait à son tour l’acquisition de l’érablière où il travaillait déjà depuis 1982. Deux ans plus tard, il agrandit le camp en bois rond pour pouvoir y loger sa famille durant le temps des sucres. Sa conjointe, Andrée Bastille, l’accompagne chaque printemps dans cette aventure.

« Depuis 2008, je produis un sirop certifié biologique par Écocert Canada »,    raconte celui qui a toujours voulu conserver le caractère artisanal de son entreprise. Il souhaite aussi préserver la biodiversité de la forêt, et jamais un arbre d’une autre essence que l’érable n’est abattu sans raison.

L’érablière compte aujourd’hui 2 500 entailles et demeure un lieu de rencontre privilégié pour la famille et les amis qui aiment bien se retrouver autour d’un bon repas improvisé et d’une partie de sucre. 

Un 50e mémorable

Michel Gamache, le père de Dominique, est décédé en mai 2006 après avoir visité son ancienne érablière pour une dernière fois l’année précédente. C’est à cet endroit qu’en 1985, Michel a fêté ses 50 ans comme acériculteur entouré d’une vingtaine de membres de sa famille, dont sa 2e épouse Thérèse Turgeon. À cette occasion, un bas-relief de sa cabane réalisé par un sculpteur de Saint-Jean-Port-Joli lui a été remis.

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