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Christiane Guay et Clément Bilodeau, en compagnie de David, de sa conjointe Mélodie Bissonnette, qui intégrera l'entreprise dans le futur, et des enfants du jeune couple, William (4 ans), Olivier (2 ans) et Clara (11 mois). Photos : Johanne Martin

Christiane Guay et Clément Bilodeau, en compagnie de David, de sa conjointe Mélodie Bissonnette, qui intégrera l'entreprise dans le futur, et des enfants du jeune couple, William (4 ans), Olivier (2 ans) et Clara (11 mois). Photos : Johanne Martin

Une œuvre qui se poursuit auprès de leurs vaches bien-aimées

SAINT-AGAPIT — Fondateurs de la Ferme des Crêtes au milieu du siècle dernier, Charles Émile Bilodeau et Marie-Emma Paquet cultivaient la fierté de vivre de l’agriculture. Leur fils Clément et leur petit-fils David éprouvent aujourd’hui la même satisfaction à poursuivre le travail en famille… et auprès de leurs chères vaches Ayrshire. 

Fiche technique

Nom de la ferme
Ferme des Crêtes

Spécialité
P
roduction laitière

Année de fondation
1960

Noms des propriétaires
Clément Bilodeau, Christiane Guay et David Bilodeau

Nombre de générations
3

Superficie en culture
101 hectares 

Cheptel
88 têtes, dont 50 en lactation

D’entrée de jeu, Clément Bilodeau rappelle que ses parents ont eu 11 enfants et qu’un écart de seulement 10 ans et demi sépare l’aîné du benjamin. De toute cette fratrie, quatre garçons ont choisi de faire de la terre leur gagne-pain et l’une des filles a marié un producteur agricole. Rien de bien surprenant à ce que les Bilodeau-Paquet aient obtenu le prestigieux titre de Famille terrienne en 1993.

« La ferme familiale d’origine était dans le rang et c’est au bout de cette route que mon père a eu sa première exploitation. Il a racheté ici en 1960. La race Ayrshire a été celle choisie par Charles Émile et Marie-Emma à leurs débuts et elle compose encore le troupeau. Il y a 30 ans, toutes les parts m’ont été transférées. J’avais à l’époque une quarantaine de têtes pur-sang et 12 kg de quota par jour », rapporte Clément.

« Grossir » peu à peu

Au moment où il devient propriétaire de la Ferme des Crêtes, le 9e de cette famille de 11 est marié depuis quatre ans à Christiane Guay. En 1994, le couple s’associe et achète graduellement un peu de contingent chaque année. Au fil des ans, des terres seront également acquises pour l’alimentation des animaux. La construction d’une vacherie et d’une fosse à fumier en 2002 marquera aussi une étape décisive.

« On voulait grossir, résume celui qui a étudié à l’École d’agriculture de Sainte-Croix. Il y a quatre ans, David, diplômé de l’ITA de La Pocatière, s’est joint à nous comme sociétaire. Tout comme Christiane, il détient 20 % des parts, et moi, 60 %. Notre deuxième fils, Anthony, formé au même endroit que David, travaille de son côté dans une autre ferme laitière et souhaite un jour avoir sa propre exploitation. »

Pelles en main, Olivier et William suivent leur père dans l’étable et participent à la corvée de nettoyage.

Pelles en main, Olivier et William suivent leur père dans l’étable et participent à la corvée de nettoyage.

Gratifiés du titre de Maître-éleveur

La sélection des meilleurs sujets du troupeau des Crêtes et les transplantations embryonnaires ont permis à l’entreprise de progresser avec le temps. À cet égard, les participations aux expositions se sont multipliées. Clément révèle que depuis 1971, la ferme a toujours été présente à l’Expo de Lotbinière. Pour l’ensemble de leur œuvre, les Bilodeau-Guay ont été gratifiés du titre de Maître-éleveur en 2019.

« En 1998, on a aussi été primés à Toronto, évoque le producteur de Saint-Agapit. On aime la vache Ayrshire pour sa rusticité, parce qu’elle vieillit bien, que le vêlage est facile et qu’elle consomme moins que la Holstein, par exemple. Pour notre part, des gestes ont été posés pour améliorer le confort des animaux. Des matelas ont entre autres été ajoutés, ce qui a eu pour effet d’éviter des blessures de trayons. »

À chacun son rôle

À la Ferme des Crêtes, chacun joue un rôle selon ses forces et ses intérêts. Alors que Christiane s’occupe de la comptabilité et de l’entretien du terrain, Clément se charge du nettoyage des systèmes. David, quant à lui, est responsable de la traite, des soins et de l’alimentation des vaches, de l’entretien de la machinerie et de la gestion des champs. Et lorsque c’est possible, ses trois jeunes enfants le suivent… 

« Éventuellement, le transfert va se continuer et je vais agir comme un conseiller », conclut le propriétaire majoritaire. Si David a été président du groupe de relève agricole de son secteur et a été un administrateur de l’UPA de Lotbinière-Nord, Clément dirige la Société d’agriculture de Lotbinière et est membre des Chevaliers de Colomb de Saint-Agapit depuis 25 ans. Il s’implique également bénévolement au tournoi de hockey provincial atome de sa municipalité.

Le système adapté par David distribue l’ensilage et la paille entre les deux murets de la mangeoire et une gratte nettoie le couloir.

Le système adapté par David distribue l’ensilage et la paille entre les deux murets de la mangeoire et une gratte nettoie le couloir.

Fait maison

« Quand j’ai quelque chose en tête, je m’organise habituellement pour le faire, lance David Bilodeau. En stabulation libre, j’avais vu ce type de mangeoire, mais jamais en étable attachée. J’ai adapté le système et les équipements. Tandis que le chariot fait la distribution de l’ensilage et de la paille entre deux murets pour les empêcher de s’éloigner, j’ai spécialement conçu une gratte pour nettoyer le couloir. On sauve de cette façon l’achat d’un repousse-fourrage, beaucoup de temps et on améliore la consommation des vaches. Nourrir et gratter, ça prend seulement de 15 à 20 minutes. L’ensilage se déplace moins et demeure plus propre pour les animaux. » 

Le passage au maïs à ensilage a permis de réaliser des économies en argent et en efforts physiques.

Le passage au maïs à ensilage a permis de réaliser des économies en argent et en efforts physiques.

Le bon coup de l’entreprise

Il y a quatre ans, les copropriétaires de la ferme ont procédé à la construction d’un silo hermétique ainsi qu’à l’installation d’un mélangeur vertical pour l’alimentation du troupeau.

« Nous sommes passés au maïs à ensilage. Avec le mélangeur, c’est plus économique, moins physique, plus uniforme et les rations qui sont distribuées aux vaches sont plus énergétiques parce que plus protéinées. La qualité du foin est meilleure. Les balles rondes, c’est plus dur, moins égal. D’ailleurs, auparavant, on achetait du foin et aujourd’hui, on en vend. L’un des prochains bons coups sera l’amélioration de nos terres. À ce propos, on ne faisait pas de luzerne jusqu’ici parce que la terre n’était pas propice, mais il y a de nouvelles variétés et on peut maintenant avoir plus de rendement », précise David.