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Éphrem et Marie-Léa devant leur maison de Magog, une quinzaine d’années après son acquisition.

Éphrem et Marie-Léa devant leur maison de Magog, une quinzaine d’années après son acquisition.

Une mémoire bien vivante pour le centenaire de la ferme

MAGOG – Situation extrême oblige, les Gagné doivent reporter le grand rassemblement prévu ce mois-ci pour souligner le centenaire de leur ferme familiale. Cela ne les empêche pas pour autant de célébrer leur héritage. Par l’entremise de mémoires recueillis et d’un projet documentaire, les Gagné racontent l’histoire de chaque génération en soulignant ce qui les unit, soit la fierté de nourrir leur communauté.

Éphrem et Marie-Léa devant leur maison de Magog, une quinzaine d’années après son acquisition.

Éphrem et Marie-Léa devant leur maison de Magog, une quinzaine d’années après son acquisition.

Au début du mois de juin 1920, le couple beauceron formé d’Éphrem Gagné et de Marie-Léa Landry s’établissait sur leur nouvelle terre à Magog. Durant les cent années qui ont suivi, l’entreprise familiale a traversé plusieurs changements. Après avoir produit du lait pendant près de sept décennies, elle s’est tournée vers la production de bœuf à la fin des années 1980, puis s’est progressivement diversifiée pour ajouter des œufs, des légumes et du fourrage. Seule production constante : l’érablière, achetée par Éphrem à peine un an après l’acquisition de la ferme et toujours exploitée à ce jour.

« Avec le temps, c’est sûr que ça a évolué, mais on a une belle entreprise et c’est le fun de la prolonger! On est fiers d’où on vient et d’où on s’en va! » affirme Jean-François Gagné, arrière-petit-fils des fondateurs qui opère la Ferme Gagné Magog Inc. depuis le début des années 2000. Sa conjointe, Mélodie Veilleux, a rejoint l’entreprise quelques années plus tard.

Pour Jean-François, comme pour les autres Gagné, il est important de souligner la contribution de chaque génération. Il y a d’abord celle de son arrière-grand-père Éphrem, fondateur visionnaire qui se maintenait à la fine pointe de la technologie de l’époque, puis celle de son grand-père Jules, infatigable travailleur œuvrant aussi auprès de divers regroupements agricoles et enfin celle de son père Pierre, impliqué en politique et dont le troupeau laitier a mérité de nombreux honneurs.

Il est aussi important pour les Gagné de souligner le rôle essentiel qu’ont joué les conjointes, à commencer par la fondatrice Marie-Léa, qui a tenu la maison de façon exemplaire et ordonnée — un exploit considérant qu’elle s’occupait de 17 enfants. Rita (la femme de Jules) puis Christine (la mère de Jean-François) ont quant à elles été des gestionnaires avisées et rigoureuses, insiste le producteur.

Immortaliser l’héritage

« Transmettre la mémoire de nos ancêtres, c’est apporter la pierre de chacun à l’édifice de l’histoire, aussi modeste soit-elle », écrit la 12e enfant d’Éphrem et de Marie-Léa, Carmelle Gagné Gauvin, en conclusion de ses mémoires rédigées pour préserver ­l’histoire familiale.

Gardant cet objectif en tête, Mme Gagné Gauvin a aussi convaincu son fils, Simon Gauvin, de réaliser une série documentaire. Le projet amorcé il y a deux ans et toujours en cours présente notamment des entrevues avec les cinq enfants toujours en vie de la 2e génération, soit Madeleine, Carmelle, Lionel, Huguette et Claude.

Selon Simon Gauvin, ces vidéos présentent un intérêt pour un plus large public, puisqu’elles brossent le portrait d’un Québec pas si lointain, mais méconnu, où les producteurs laitiers découpaient encore la glace des lacs l’hiver.

Les premiers épisodes du projet sont accessibles en ligne au simongauvin.site. 

Le goût de la tradition

Autre clin d’œil à leur héritage : le sirop d’érable des Gagné est toujours produit « à l’ancienne », de la pose des chaudières en raquettes jusqu’au procédé d’évaporation.

« C’est sûr qu’on a un gros coup d’ouvrage dans le temps des sucres, mais je trouve que ça a un goût particulier! On a des clients qui viennent acheter notre sirop depuis deux ou trois générations. C’est là, je pense, qu’on voit qu’on fait un bon produit », avance Jean-François.

Dominique Wolfshagen, oollaboration spéciale

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