fbpx
Jérôme a pris la relève de son père, Réal Aubin, à la Cidrerie et Verger à l’Orée du Bois. Photo : Gracieuseté de la famille Aubin

Jérôme a pris la relève de son père, Réal Aubin, à la Cidrerie et Verger à l’Orée du Bois. Photo : Gracieuseté de la famille Aubin

Une descendance tombée dans le cidre

SAINT-ANTOINE-DE-TILLY — Les Aubin exploitent leurs terres de Saint-Antoine-de-Tilly, dans Chaudière-Appalaches, depuis plus de 120 ans. N’eût été sa passion pour la production cidricole, Jérôme, issu de la 4e génération à prendre les commandes, se serait destiné à une tout autre carrière.

« Jérôme s’est beaucoup cherché avant de racheter la ferme en 2013. Il a étudié en informatique, puis en cuisine, avant de finalement se diriger en agronomie à l’Université Laval, une formation qu’il a finalement terminée », se souvient en riant Réal Aubin, 70 ans, ancien propriétaire de la Cidrerie et Verger à l’Orée du Bois, où quelque 8 000 litres d’alcool sont issus de la transformation de pommes cultivées sur 2,3 ha.

Avant de prendre les rênes de l’entreprise, Jérôme a suivi une formation de 40 heures en fabrication artisanale de boissons alcooliques à l’Institut de technologie agroalimentaire de Saint-Hyacinthe. « Je suis un artisan dans l’âme; j’ai la fibre créative. C’est la transformation de la pomme, plus que sa culture, qui me passionne avant tout », lance le pomiculteur de 35 ans.

Le pomiculteur Jérôme Aubin se passionne pour la transformation de la pomme. Photo : Maxime Bilodeau

Le pomiculteur Jérôme Aubin se passionne pour la transformation de la pomme. Photo : Maxime Bilodeau

Le changement dans la continuité

La ferme familiale a bien changé depuis sa fondation, à la fin du 19e siècle. À l’époque, l’arrière-grand-père de Jérôme pratiquait une agriculture de subsistance. « Mon grand-père a continué dans cette veine avant que mon père en hérite, en 1976 », raconte Jérôme.

En 1984, Réal Aubin a planté 1 000 pommiers de variétés bien connues, comme la Lobo et la McIntosh. « J’ai commencé à faire du cidre à la fin des années 90 pour écouler mes surplus », indique celui dont les produits se sont vu remettre des médailles à la Coupe des nations du Festival de la gastronomie de Québec.

C’est maintenant au tour de Jérôme de poursuivre l’œuvre des Aubin. Depuis 2013, il a planté environ 200 nouveaux pommiers nains, en plus d’instaurer l’autocueillette de petits fruits. Il a construit un bâtiment de transformation à la fine pointe de la technologie en 2017, portant ainsi sa capacité de production annuelle à 15 000 litres. 

Une rare grange à huit faces

Les Aubin sont les propriétaires de l’une des rares granges de forme octogonale encore existantes au Québec. Érigée en 1898, à une époque où l’on croyait que le diable se cachait dans les coins des granges rectangulaires, elle est encore debout et est devenue un véritable emblème pour l’entreprise. La situation du bâtiment est cependant précaire; les intempéries et l’absence de rénovations majeures au fil des ans l’amènent à se détériorer. Grâce à des cliniques d’architecture patrimoniale en Chaudière-Appalaches, qui permettent aux citoyens et aux municipalités de la région d’obtenir des conseils lors de rénovations de bâtiments patrimoniaux, Jérôme est persuadé qu’il parviendra à renverser le cours des choses sous peu.

Maxime Bilodeau, collaboration spéciale

https://www.desjardins.com/